Comment faire avec les injonctions d’enseigner l’oral ? Analyses institutionnelles et propositions didactiques (collège, LP, école élémentaire, lycée) permettent d’y voir un peu plus clair. Cadres didactiques généraux sur la parole en classe et le travail sur l’oral. Parallèlement, on s’interroge sur les limites des pouvoirs de la didactique : objectifs du travail des orthophonistes, analyse des digressions dans le travail de groupe. Sont questionnés également certains aspects des relations oral/écrit.
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Sommaire
L’oral au rapport ! ou comment l’Institution s’empare de l’oral / B. Daunay 7
Un oral, des « orals », et d’autres voies orales… / S. Suffys 29
Parce que mon beau-père est CRS… ou comment faire parler des textes en classe de 6e / D. Fabé 61
La parole en classe et l’enseignement de l’oral : Champs de référence, problématiques, questions à la formation / É. Nonnon 75
Côté prof, côté élèves : l’oral interrogé / M. Calonne 91
Saisie d’oral / M.-M. Cauterman 101
Travail en seconde autour d’une interview du CPE / N. Denizot 119
La terrible force du silence / M. Calonne, L. Godbille, P. Heems 131
Vous avez dit « orthophonie… » ? / D. Crunelle 139
Digressions dans les interactions verbales entre élèves travaillant en groupe / E. Verstraete 151
L’oral et la construction des savoirs dans des activités de français / M. Dreyfus, M. Cellier 181
Pour une approche intégrée du travail sur l’oral : réflexions sur les tâches langagières et les fils rouges de l’enseignant / É. Nonnon 199
Les mots émettent de l’espace / G. Bochaton, K. Serlet 215
Non ! Ils n’écrivent pas comme ils chantent !… / L. Godbille 237
Ils écrivent comme ils parlent. Discussions autour de quelques idées reçues / Isabelle Delcambre 245
Des nouvelles du livre pour la jeunesse : antiquité et mythologies égyptienne, grecque, romaine / É. Vlieghe 265
Éditorial
La question de l’oral est dans l’air du temps (à Recherches et ailleurs…), comme l’est la violence, comme l’est l’image… Dans les circonscriptions, chez les concepteurs ou demandeurs de stages (les IEN, IPR, équipes d’établissements, etc.), la question est récurrente : il faut enseigner l’oral, il faut évaluer l’oral. Mais les enseignants se demandent si l’oral est quelque chose qui s’enseigne… Les injonctions officielles peuvent prendre des formes variables selon les niveaux scolaires mais la pression est équivalente à tous les étages : au collège, elle a pris la forme d’une nouvelle case à remplir dans les bulletins trimestriels ; on peut s’attendre à ce que la question : « Et, sur l’oral, vous faites quoi ? » devienne un leitmotiv des entretiens d’inspection ; à l’école élémentaire on assiste à la résurgence des vieilles thèses de Laurence Lentin, la maitrise de l’oral conditionne la réussite de l’entrée dans l’écrit, thèses qu’il faut revisiter pour ne pas en être prisonnier […]
Depuis que la littérature de jeunes est entrée en classe, qu’est-elle devenue ? Comment continuer à innover avec les livres ou les albums en lecture et écriture sans céder à la banalisation scolaire ? Des démarches sont proposées pour le collège et les élèves en difficulté de l’école élémentaire. Peut-être faut-il aller aussi voir en dehors de la classe, dans les quartiers et auprès des parents, ou, dans le cadre des activités scolaires, emmener les élèves dans une « vraie » librairie, ouvrir le CDI à de « vrais » auteurs. Pour finir, il est également intéressant de s’informer sur l’édition (comment évolue-t-elle ? qu’en disent les éditeurs ?).
Violences ordinaires des institutions sur l’individu (élève, enseignant, parent) ; violences des valeurs non partagées (le passage 3e/2nde et la découverte d’un nouveau monde, où l’on découvre qu’appliquer une consigne d’écriture ne suffit pas à séduire le professeur), violence de la culture que le professeur/l’élève vit comme étrangère, violence de l’écrit sur l’oral, violence de la distance entre qui enseigne et qui apprend. Comme à l’habitude, les articles portent sur le collège, le LEGT et le LP, les classes spécialisées de l’école élémentaire, et même la formation initiale des enseignants !
Parler des textes qui nous parlent (du monde et d’autre chose) en fuyant le commentaire techniciste. De l’apprentissage de la compréhension au CP à la critique littéraire au lycée. Et entre deux, de nombreux exemples au collège et au LP, ainsi qu’en classe d’adaptation, de situations de parole autour des textes qu’on lit mais qu’on ne cherche pas à « commenter ». Une mise au point théorique sur la notion de lecture littéraire.
Des relations (paradoxales) entre fiction et réalité, ou comment, en classe, jouer avec (contre ?) le pouvoir des fictions. De nombreuses propositions didactiques (parfois quasi philosophiques) autour de l’écriture de fiction en collège, et d’autres (quasi sociologiques) autour de la lecture de textes fictionnels en LP (dont une nouvelle inédite de P. Boulle). Travail sur l’image en 3e, sur l’élaboration de récits d’énigme, sur la compréhension, en 2nde, de textes reposant sur l’opposition réalité/fiction.
Le détail de la gestion de la classe. Faire classe, c’est d’abord se demander ce qu’auront effectivement à faire les élèves, décider des moyens, des dispositions (matérielles, spatiales, temporelles), des groupements qui faciliteront les apprentissages. Comment mettre les élèves au travail ? Quelles consignes leur donner ? Comment enseigner avec des copies ? Comment faire réfléchir sur le travail, l’école, le travail en groupes, l’écriture ? Des analyses et des propositions didactiques.
Les apprentissages premiers : origines des échecs en lecture ? Que faire lire aux élèves en difficulté ? Au collège : quelles aides pour développer la compréhension (SEGPA) ? Lire de la littérature de jeunesse ? Lire en 3e d’insertion ? Au lycée, lecture intégrale en terminale L et en bac pro. La lecture à l’école maternelle : une histoire de partenariat école/familles.
Les exercices sont-ils utiles ? Suffit-il d’exercices pour que les élèves apprennent ? Aux élèves en grande difficulté, peut-on seulement proposer des exercices ? Pour alimenter ces interrogations, des propositions sur l’argumentation (LP, Lycée), le vocabulaire au brevet, discours direct/indirect, les pratiques de lecture en 3e, les activités de tri (CP) et la production de textes.
Écrire en groupe (collège), en projet (SEGPA), avec un ordinateur (collège, cycée). Faire écrire des élèves en grande difficulté (école élémentaire, collège). Écrire pour apprendre (collège). Et le « sujet écrivant » ? Qu’est-ce qu’un « bon texte » pour des élèves de LP ? Le paragraphe argumentatif, une impasse didactique. Typologie d’activités autour du narratif.
Les avatars de l’évaluation critériée, l’impossible objectivité de la note, la difficulté de proposer des remédiations en production écrite. Évaluer avec ou sans grilles (des récits, des résumés, des commentaires, des dissertations) mais aussi apprendre aux élèves à évaluer. Bibliographie.