Qu’entend-on par hétérogénéité en maternelle, au CP, au collège ou au lycée ? Que peut apporter la rencontre entre une classe de 6e et une institutrice spécialisée messagère de sa classe d’IEM, entre deux classes d’un même collège, entre une école primaire et des enfants autistes ? Comment rend-on une classe homogène quand une classe dite « hétérogène » est une classe où les élèves ont du mal à vivre ensemble ? Des idées pour que le travail de groupes soit un outil d’apprentissage mais aussi un lieu où se travaille la relation à l’autre et à soi-même (ses difficultés mais aussi ses projets).
Ce numéro est en vente sur notre site. Les articles sont téléchargeables sur cette page.
Sommaire
Ils sont insupportables ! / M.-F. Desprez 7
Ces enfants-ci, ces enfants-là… : du côte de la différence repérée comme telle ; du côté des différences banalisées et multipliées / S. Suffys, A. Delreux 17
La prof et l’élève / J. Warlop, M-M. Cauterman 49
Hétérogénéité, autonomie, … blablabla ? / C. Coget 53
Silence ! On se parle / F. Bertot 71
L’hétérogénéité au service du travail de groupe / M. Bleuse 81
Ce n’est pas la question / B. Liénard 93
Indices d’hétérogénéité dans une démarche d’écriture en projet / F. Ruellan 99
La classe de l’autre / M. Habi 137
Au secours, on a perdu la classe de 4e A… / M. Constant 147
L’aide individualisée en seconde / N. Denizot, C. Mercier 163
Le carnaval des copies ou de l’évaluation scolaire à la socialisation du savoir / Y. Debuys 177
Enfants tout venant – enfants handicapés: Travailler ensemble / N. Deroubaix 205
Ma classe de seconde C : des exclus de l’intérieur / S. Naudin 217
Des nouvelles du livre pour la jeunesse : Le vampire (2) / É. Vlieghe 229
Éditorial
Posons comme principe qu’il n’est nullement question dans ce numéro de Recherches de remettre en cause la nécessité de l’hétérogénéité au sein des classes et des établissements. Bien au contraire, et pour des raisons évidentes à quiconque s’est un peu intéressé au problème. On peut rappeler brièvement l’échec et le caractère le plus souvent explosif des classes ghettos (CLAD fermée, seconde Z ou quatrième passerelle), il nous semble important de mentionner aussi que le respect que nous portons aux élèves nous empêche de les étiqueter trop facilement comme « bons » ou « nuls », sans oublier que l’hétérogénéité est dans la loi et dans les textes officiels… Mais surtout, même si cette raison parait à priori « ronflante » et fort « politiquement correcte », parce que l’apprentissage de la différence fait partie de l’éducation et que l’hétérogénéité, c’est aussi l’apprentissage de la citoyenneté. On peut même ajouter que plus l’hétérogénéité est grande, plus c’est formateur : des tentatives de rencontres ou d’intégration d’élèves handicapés auprès d’élèves « normaux » montrent que ces derniers ont beaucoup appris de ces expériences. […]
Des propositions de travail sur des supports imagés très divers : un film, des affiches de film ou de pièces de théâtre, des illustrations de nouvelles, des images de Pef ou de Goya, des bandes dessinées… Se servir de l’image pour faire parler, pour apprendre à lire et à communiquer (article d’une équipe de l’institut de rééducation psychothérapeutique de Roubaix consacré à l’usage du pictogramme), pour se regarder (travail sur des présentations orales filmées en 3e d’insertion), pour comprendre d’autres images, pour faire écrire et inventer. Des points de vue sur l’image que les élèves ont et donnent d’eux-mêmes mais aussi des interrogations sur la pseudo-évidence de l’image et de son utilisation comme facilitateur d’apprentissage.
Comment faire avec les injonctions d’enseigner l’oral ? Analyses institutionnelles et propositions didactiques (collège, LP, école élémentaire, lycée) permettent d’y voir un peu plus clair. Cadres didactiques généraux sur la parole en classe et le travail sur l’oral. Parallèlement, on s’interroge sur les limites des pouvoirs de la didactique : objectifs du travail des orthophonistes, analyse des digressions dans le travail de groupe. Sont questionnés également certains aspects des relations oral/écrit.
Depuis que la littérature de jeunes est entrée en classe, qu’est-elle devenue ? Comment continuer à innover avec les livres ou les albums en lecture et écriture sans céder à la banalisation scolaire ? Des démarches sont proposées pour le collège et les élèves en difficulté de l’école élémentaire. Peut-être faut-il aller aussi voir en dehors de la classe, dans les quartiers et auprès des parents, ou, dans le cadre des activités scolaires, emmener les élèves dans une « vraie » librairie, ouvrir le CDI à de « vrais » auteurs. Pour finir, il est également intéressant de s’informer sur l’édition (comment évolue-t-elle ? qu’en disent les éditeurs ?).
Violences ordinaires des institutions sur l’individu (élève, enseignant, parent) ; violences des valeurs non partagées (le passage 3e/2nde et la découverte d’un nouveau monde, où l’on découvre qu’appliquer une consigne d’écriture ne suffit pas à séduire le professeur), violence de la culture que le professeur/l’élève vit comme étrangère, violence de l’écrit sur l’oral, violence de la distance entre qui enseigne et qui apprend. Comme à l’habitude, les articles portent sur le collège, le LEGT et le LP, les classes spécialisées de l’école élémentaire, et même la formation initiale des enseignants !
Parler des textes qui nous parlent (du monde et d’autre chose) en fuyant le commentaire techniciste. De l’apprentissage de la compréhension au CP à la critique littéraire au lycée. Et entre deux, de nombreux exemples au collège et au LP, ainsi qu’en classe d’adaptation, de situations de parole autour des textes qu’on lit mais qu’on ne cherche pas à « commenter ». Une mise au point théorique sur la notion de lecture littéraire.
Des relations (paradoxales) entre fiction et réalité, ou comment, en classe, jouer avec (contre ?) le pouvoir des fictions. De nombreuses propositions didactiques (parfois quasi philosophiques) autour de l’écriture de fiction en collège, et d’autres (quasi sociologiques) autour de la lecture de textes fictionnels en LP (dont une nouvelle inédite de P. Boulle). Travail sur l’image en 3e, sur l’élaboration de récits d’énigme, sur la compréhension, en 2nde, de textes reposant sur l’opposition réalité/fiction.
Le détail de la gestion de la classe. Faire classe, c’est d’abord se demander ce qu’auront effectivement à faire les élèves, décider des moyens, des dispositions (matérielles, spatiales, temporelles), des groupements qui faciliteront les apprentissages. Comment mettre les élèves au travail ? Quelles consignes leur donner ? Comment enseigner avec des copies ? Comment faire réfléchir sur le travail, l’école, le travail en groupes, l’écriture ? Des analyses et des propositions didactiques.
Les apprentissages premiers : origines des échecs en lecture ? Que faire lire aux élèves en difficulté ? Au collège : quelles aides pour développer la compréhension (SEGPA) ? Lire de la littérature de jeunesse ? Lire en 3e d’insertion ? Au lycée, lecture intégrale en terminale L et en bac pro. La lecture à l’école maternelle : une histoire de partenariat école/familles.
Les exercices sont-ils utiles ? Suffit-il d’exercices pour que les élèves apprennent ? Aux élèves en grande difficulté, peut-on seulement proposer des exercices ? Pour alimenter ces interrogations, des propositions sur l’argumentation (LP, Lycée), le vocabulaire au brevet, discours direct/indirect, les pratiques de lecture en 3e, les activités de tri (CP) et la production de textes.
Écrire en groupe (collège), en projet (SEGPA), avec un ordinateur (collège, cycée). Faire écrire des élèves en grande difficulté (école élémentaire, collège). Écrire pour apprendre (collège). Et le « sujet écrivant » ? Qu’est-ce qu’un « bon texte » pour des élèves de LP ? Le paragraphe argumentatif, une impasse didactique. Typologie d’activités autour du narratif.