N° 50 – D’UNE CLASSE À L’AUTRE

Pour ce 50e numéro, Recherches interroge les continuités et les ruptures dans l’enseignement du français. À l’heure de la suppression programmée des RASED, l’institution multiplie les injonctions et les outils visant à faciliter le suivi de l’élève. Mais qu’en est-il dans la réalité de la classe ? Du point de vue de la discipline d’abord : il s’agit d’interroger l’illusion continuiste que donnent les programmes actuels de la discipline français et de ses objets, en réalité multiformes. La question est abordée également du point de vue des élèves et de leurs acquis, eux aussi fluctuants : comment alors tenir compte de la nécessité de ménager des transitions sans nier les ruptures, elles aussi essentielles – de la maternelle à l’université ?  Comment faire en sorte que ces individus, réunis au sein de ce qui est appelé « une classe », se constituent en collectif d’apprentissage ? Qu’en est-il du regard de l’élève ? La question est ensuite envisagée du point de vue de l’enseignant lui-même qui n’est pas épargné par les ruptures dans sa vie professionnelle. Enfin, l’Institution dans son ensemble est en jeu : comment prend-elle en charge les élèves qui sont trop tôt tentés de quitter la classe ?

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Sommaire

50-1Le français d’une classe à l’autre  /  B. Daunay 9


50-2Construire une classe  /  M.-M. Cauterman, F. Darras, M.-P. Vanseveren 27


I50-3mpromptu, scènes du cours de français  /  M. Constant 37


«50-4 Cette année j’entre au lycée… »  /  S. Dziombowski 43


D50-5u lycée professionnel à la classe spécialisée : itinéraire d’un enseignant d’une classe à l’autre…  /  D. Gorgeret 55


U50-6n romancier classique d’une classe à l’autre : les extraits de Balzac dans les manuels scolaires  /  N. Denizot 59


S50-7e préparer à entrer en sixième sans le savoir…  /  A.-M. Jovenet 85


D50-8e la troisième à la seconde : rompre ou ne pas rompre ?  /  C. Mercier 101


É50-9crire à l’université : continuités ou ruptures ?  /  I. Delcambre 121


50-10Sur les traces des élèves déscolarisés ou en risque de décrochage  /  M. Esterle Hedibel 137


50-11Des RASED faisons table rase  /  P. Heems 151


50-12Quand des élèves de 6e se souviennent de leurs lectures de CM2  /  M. Lusetti 155


« 50-13On a travaillé sans s’en rendre compte ! »  /  S. Michieletto 183


50-14Des nouvelles du livre pour la jeunesse : Le vampire (3)  /  É. Vlieghe 189

Éditorial

La vie d’un enfant est faite d’une succession de bouleversements, de ruptures : il y a le premier cri, le premier pas, le premier mot, il y a la première séparation d’avec le père ou la mère (la crèche, l’école). Commence alors la vie de l’élève qui est faite, elle aussi, d’une succession de bouleversements, de ruptures.
Il y a le premier jour, partagé entre les pleurs et l’émerveillement, il y a les premiers essais d’écriture, de lecture. Il y a le passage à la grande école où le grand de maternelle redevient le petit du CP. Il y a, peut-être, les premiers échecs, les premières orientations (CLIS, SEGPA…) Il y a le passage au collège où le grand de CM2 redevient le petit de sixième, ensuite, pour la plupart, au lycée (qu’il soit professionnel, technique ou général) puis, éventuellement, les études supérieures. Il y a la longue liste des examens qui ponctue ce parcours d’obstacles à chaque fois plus difficiles à franchir.
Bien entendu, ces moments de rupture que l’institution de l’École impose aux élèves en leur demandant à chaque fois d’être un peu plus autonomes ne correspondent jamais (ou alors par miracle) aux évolutions réelles dans le développement de l’enfant, à son parcours personnel. […]