N° 70 – CONNIVENCES

La connivence se caractérise par son caractère implicite, spontané et sa constante ambivalence : elle peut exclure comme inclure, procurer du plaisir ou laisser indifférent, faute d’être perçue. Elle se fonde sur un système de références, de valeurs dont on décrypte (ou pas) les codes, plus ou moins spontanément et consciemment. La connivence est à l’œuvre dans les relations entre les parents et l’école, au sein de la classe, dans la communauté éducative, entre celle-ci et l’institution mais aussi avec la société et les représentations de l’école qui y circulent. Elle œuvre également et surtout dans les objets d’enseignements et les tâches scolaires. Le parti pris du numéro est d’interroger les différentes formes de connivence et d’en faire des leviers d’analyse comme d’apprentissage.

Le numéro est disponible aux Presses Universitaires du Septentrion.

Sommaire

Connivence et réception d’un album humoristique
Florence Charles

À l’ombre de l’obscure clarté des certitudes
Patrice Heems

Connivence, prérequis et implicites : enjeux théoriques, enjeux pédagogiques
Stéphane Bonnéry

Adopte un mot
Sophie Dziombowski

Le PISA à l’épreuve d’enseignants de français. Quelques ressorts d’une connivence scolaire
Daniel Bart, Bertrand Daunay

La connivence dans les fables et au-delà
Catherine Mercier

Didactique, réputation littéraire et connivences
Chloé Gabathuler, Bruno Védrines, Yann Vuillet

Quand et comment les enfants apprennent-ils à ne plus tout prendre au pied de la lettre ? Le développement de la compréhension des expressions idiomatiques  
Loïc Pulido

Pecha kucha, quésaco ?
Malik Habi

Apports et mise en pratique de démarches coopératives en classe Passerelle
Frédéric Torterat, Delphine Blazin, Arlette Cros, Isabelle Jarrige, Françoise Morel

L’enseignement en quête de connivence : que faire de ce que savent les élèves ?
Marie-Michèle Cauterman

Extraits

La connivence dans les fables et au-delàCatherine Mercier

L’enseignement en quête de connivence : que faire de ce que savent les élèves ?
Marie-Michèle Cauterman

Éditorial

Il y a trente ans, un numéro de la revue Recherches consacré aux stéréotypes analysait le jugement négatif de stéréotypie porté sur les productions d’élèves, pour montrer que tout jugement de stéréotypie reposait sur un accord tacite entre membres d’une communauté et était de ce fait très labile, car variant d’un groupe à l’autre et susceptible d’évoluer dans le temps. Prenant la question du stéréotype sous un autre angle, le numéro posait l’existence de modèles, de prototypes comme inhérents à tout apprentissage : plutôt que de se lamenter sur la prétendue « nocivité » des stéréotypes, il s’agissait de proposer un travail en classe sur ceux-ci. C’est dans ce même esprit que le concept de connivence est abordé dans la présente livraison. Le concept de connivence élargit le champ du stéréotype ; il se caractérise comme lui par son caractère implicite, spontané et sa constante ambivalence : la connivence peut exclure comme inclure, procurer du plaisir ou laisser indifférent, faute d’être perçue. On a là une même logique : celle d’un système de références, de valeurs dont on décrypte (ou pas), plus ou moins spontanément et consciemment, les codes. […]