{"id":7132,"date":"2020-09-18T19:44:07","date_gmt":"2020-09-18T17:44:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=7132"},"modified":"2023-02-15T12:02:15","modified_gmt":"2023-02-15T11:02:15","slug":"les-coups-de-coeur-delizabeth-vlieghe-printemps-ete-2018-2-2-2-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=7132","title":{"rendered":"Les coups de c\u0153ur d\u2019\u00c9lizabeth Vlieghe \u2013 2020"},"content":{"rendered":"<p>Vu le nombre de parutions int\u00e9ressantes depuis ma derni\u00e8re chronique, celle qui suit ayant en outre pris du retard, j\u2019ai choisi d\u2019\u00eatre parfois plus concise dans mes pr\u00e9sentations afin de ne pas devoir \u00e9liminer certains titres. J\u2019esp\u00e8re que nos lecteurs ne m\u2019en tiendront pas rigueur\u2026<\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"#docue20\">Coups de c\u0153ur documentaires<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#actue20\">Coups de c\u0153ur actualit\u00e9s<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#nouve20\">Nouveaut\u00e9s en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9ditions et de collections<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#rezoe20\">Des nouvelles des r\u00e9seaux d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent\u00e9s (La beaut\u00e9, une dictature ; Exils et migrations ; Lettres, correspondance)<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#reedie20\">Parutions au format poche et r\u00e9\u00e9ditions<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<h2 id=\"docue20\">Coups de c\u0153ur documentaires<\/h2>\n<h3><strong><em>Nous sommes tous des f\u00e9ministes<\/em>, Chimamanda Ngozi Adichie, traduction originale de Sylvie Schneiter adapt\u00e9e pour la jeunesse, Illustrations de Leire Salaberria, Gallimard Jeunesse, 2020.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6779 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/feministes-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Elle r\u00eave d\u2019un monde o\u00f9 l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes serait \u00e9vidente et cela passe \u00e0 ses yeux par l\u2019\u00e9ducation des filles et des gar\u00e7ons\u00a0: cette \u00e9ducation f\u00e9ministe est d\u00e9velopp\u00e9e en 15 points dans son ouvrage <em>Ch\u00e8re Ijeawele<\/em>, (Gallimard, 2017). Non sans humour, l\u2019auteure, d\u2019origine nig\u00e9riane, s\u2019appuie sur son exp\u00e9rience et raconte maintes anecdotes v\u00e9cues montrant \u00e0 quel point les st\u00e9r\u00e9otypes et les pr\u00e9jug\u00e9s ont la vie dure, notamment en Afrique\u00a0: m\u00eame quand elle obtient les meilleures notes (condition n\u00e9cessaire pour d\u00e9crocher le r\u00f4le), une fille ne peut devenir \u00ab\u00a0chef de classe\u00a0\u00bb\u00a0; lorsqu\u2019une jeune femme donne un pourboire, c\u2019est son compagnon qu\u2019on remercie car c\u2019est forc\u00e9ment lui qui lui a procur\u00e9 l\u2019argent\u00a0! M\u00eame si, entre autres, quasiment aucune allusion n\u2019est faite aux violences de tous ordres subies par les femmes, ce texte, tr\u00e8s consensuel et optimiste, fournira une bonne base de discussions et d\u00e9bats d\u00e8s la fin d\u2019\u00e9cole primaire. C\u2019est donc une excellente id\u00e9e d\u2019avoir adapt\u00e9 pour la jeunesse ce discours c\u00e9l\u00e8bre prononc\u00e9 aux \u00c9tats-Unis en 2012 (dont le texte remani\u00e9 est disponible en Folio Gallimard, 2015, suivi d\u2019une nouvelle, <em>Les Marieuses<\/em>, traitant d\u2019un mariage forc\u00e9) et d\u2019en avoir fait ce bel album dont le texte figurant \u00e0 gauche est illustr\u00e9 de couleurs \u00e0 la fois douces et vives sur chaque pleine page de droite.<\/p>\n<h3><strong><em>Tout nu ! <\/em><em>Le Dictionnaire bienveillant de la sexualit\u00e9<\/em>, Myriam Daguzan Bernier, illustrations de C\u00e9cile Gari\u00e9py, \u00c9ditions du Ricochet, 2020.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6767 size-thumbnail alignright\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/tout-nu-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Vous n\u2019avez pas trouv\u00e9 l\u2019ouvrage que vous auriez voulu lire\u00a0? \u00c9crivez-le\u00a0! C\u2019est le cas de cette jeune Qu\u00e9b\u00e9coise, qui a r\u00e9dig\u00e9 une somme magistrale sur la sexualit\u00e9 au sens large, sans jugement et sans tabou. Bibliographie et sources, impressionnantes, t\u00e9moignent dans les derni\u00e8res pages du s\u00e9rieux de la d\u00e9marche. On lira d\u2019ailleurs avec int\u00e9r\u00eat et profit l\u2019introduction de ce dictionnaire narrant le parcours, les valeurs et les motivations de l\u2019auteure. Croisant des approches descriptive, scientifique et psychologique, l\u2019ouvrage se lit au gr\u00e9 des interrogations ou des int\u00e9r\u00eats du lecteur et ouvrira la discussion. N\u2019excluant personne, rassurant et d\u00e9culpabilisant, il aidera les jeunes (ou les moins jeunes) \u00e0 mieux se d\u00e9couvrir, mieux se connaitre, mieux accepter leur corps ou leur identit\u00e9. L\u2019ensemble se teinte d\u2019humour, comme en attestent les illustrations color\u00e9es (cama\u00efeux de bleus et de rouges), de style BD. Encore un ouvrage qui devrait figurer en bonne place dans les CDI, vu la frilosit\u00e9 des manuels scolaires sur le sujet.<\/p>\n<p>Les documentaires sur la pr\u00e9servation de l\u2019environnement se multiplient, s\u2019adressant aux lecteurs d\u00e8s leur plus jeune \u00e2ge\u00a0:<\/p>\n<h3><strong><em><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6771 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Jagis-pour-ma-planete-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>J\u2019agis pour ma plan\u00e8te<\/em>, \u00ab\u00a0Archi Doc\u00a0\u00bb, Emmanuelle Ousset, illustrations de Pierre Caillou, P\u00e8re Castor,\u00a0 Flammarion Jeunesse, 2020.<\/strong><\/h3>\n<p>Le titre dit tout\u00a0! Concret et abondamment illustr\u00e9, un album que les parents pourront feuilleter et commenter avec les plus jeunes, vu la masse d\u2019informations et de conseils.<\/p>\n<h3><strong><em>Notre maison brule. L\u2019appel de Greta Thunberg pour sauver la plan\u00e8te<\/em>, Jeanette Winter, traduit de l\u2019anglais (\u00c9tats-Unis) par \u00c9milie Nief, Gallimard Jeunesse, 2020.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6776 size-thumbnail alignright\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Notre-maison-brule-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Auteure pour la jeunesse reconnue, J. Winter conte l\u2019histoire d\u2019une adolescente \u00ab\u00a0invisible\u00a0\u00bb, terrifi\u00e9e lorsqu\u2019elle a d\u00e9couvert l\u2019ampleur du r\u00e9chauffement climatique et ses cons\u00e9quences. Surmontant la d\u00e9pression qui la gagnait, Greta s\u2019est mobilis\u00e9e, seule, mais bient\u00f4t rejointe par des milliers de jeunes puis d\u2019adultes. Une biographie distanci\u00e9e, vibrant hommage d\u2019une dame d\u2019\u00e2ge respectable au combat d\u2019une jeune fille engag\u00e9e \u00e0 laquelle elle s\u2019est identifi\u00e9e. Texte concis magnifiquement illustr\u00e9 par l\u2019auteure elle-m\u00eame.<\/p>\n<h3><strong><em><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6757 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/nous-sommes-tous-greta-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Nous sommes tous Greta<\/em>. <em>Des id\u00e9es pour changer le monde<\/em>, Valentine Giannella, illustrations de Manuela Marazzi, traduit de l\u2019italien par Valentina Gardet, Nathan, 2020.<\/strong><\/h3>\n<p>Est-il encore temps de sauver la plan\u00e8te\u00a0? Cet ouvrage bien document\u00e9 analyse les causes d\u2019une situation alarmante et les rem\u00e8des possibles, en dix-huit chapitres clairs et pr\u00e9cis. Trouvera sa place dans les CDI de coll\u00e8ge, voire de lyc\u00e9es.<\/p>\n<h2 id=\"actue20\">Coups de c\u0153ur actualit\u00e9<\/h2>\n<h3><strong><em>Le Jardinier qui cultivait des livres<\/em>, Nadine Poirier, illustrations de Claude K. Dubois, d\u2019eux, 2020.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6787 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/le-jardinier-qui...-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Comme l\u2019indique le titre, voici un jardinier un peu particulier, que son amour des livres a chass\u00e9 loin des villageois qui ne partageaient pas sa passion. Ces derniers en ont eu assez \u00e9galement de la petite orpheline qui cherchait \u00e0 partager avec eux les connaissances puis\u00e9es dans les documentaires dont elle se nourrit. Ces deux-l\u00e0 \u00e9taient faits pour se rencontrer, mais \u00e0 condition que le jardinier se laisse apprivoiser par une gamine plus rus\u00e9e qu\u2019elle n\u2019en a l\u2019air\u00a0! On pense \u00e9videmment au <em>Petit Prince<\/em>, \u00e0 sa rose et au renard pour cette belle histoire m\u00e9taphorique jouant sur le sens figur\u00e9 des mots. L\u2019amour des livres, r\u00e9cits pour lui, documentaires pour elle, les r\u00e9unit \u00a0et permet de cr\u00e9er des liens plus forts que ceux du sang. Une histoire tendre, douce et po\u00e9tique magnifiquement illustr\u00e9e. Je ne connaissais pas cette maison d\u2019\u00e9dition canadienne dont cet <a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/177-187_R65_Vlieghe.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">album<\/a> me donne envie de d\u00e9couvrir plus amplement le catalogue.<\/p>\n<h3><strong><em>Maman, Papa, comment vous vous \u00eates rencontr\u00e9s\u00a0? <\/em>(2019) et <em>Maman, Papa, il y avait qui avant moi\u00a0?,<\/em> \u00ab Les grandes questions de Sofia \u00bb, Thierry Lenain, illustrations de St\u00e9phanie Marchal, P\u00e8re Castor, Flammarion Jeunesse, 2020.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6791 size-thumbnail alignright\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/comment-vous-vous-etes-rencontres-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Quel plaisir de retrouver un album de <a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/243_Vlieghe_R22.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Thierry Lenain<\/a> (num\u00e9ros <a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/243_Vlieghe_R22.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">22<\/a> et <a href=\"https:\/\/revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/R32_223-230_Vlieghe.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">32<\/a>), auteur cher \u00e0 mon c\u0153ur ! Suite \u00e0 ses questions, les parents de Sofia lui racontent l\u2019incroyable enchainement de circonstances ayant permis leur rencontre : la fillette d\u00e9cide de faire un dessin pour remercier chaque personne ou objet concern\u00e9, car sans eux, elle n\u2019existerait pas. Et remonterait bien au d\u00e9luge si on la laissait faire\u2026 Mais la gratitude est r\u00e9ciproque, comme le prouve la chute.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6790 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/maman-papa-il-y-avait-quoi-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Dans le deuxi\u00e8me album, les questions de Sofia seront l\u2019occasion pour ses parents de remonter le temps en \u00e9voquant des anc\u00eatres de plus en plus lointains et de brosser rapidement l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9, car le questionnement de Sofia ne s\u2019arr\u00eatera qu\u2019\u00e0 une conclusion \u00e9vidente \u00e0 ses yeux : dans le trou noir, c\u2019\u00e9tait elle ! Fid\u00e8le \u00e0 ses valeurs, l\u2019auteur tord subtilement le cou aux st\u00e9r\u00e9otypes et d\u00e9nonce habilement les pr\u00e9jug\u00e9s. M\u00e9tisse issue d\u2019un couple mixte, Noire\/Blanc, Sofia rayonne d\u2019\u00e9nergie et d\u2019intelligence ; les propos sont mis en valeur par un dessin au style enfantin fourmillant de d\u00e9tails pr\u00e9cis teint\u00e9s d\u2019humour. Esp\u00e9rons que Sofia garde encore des tonnes de questions en r\u00e9serve\u2026<\/p>\n<h3><strong><em>Ma famille est recompos\u00e9e, \u00ab\u00a0Aim\u00e9e et Mehdi au fil de la vie\u00a0\u00bb<\/em>, Sophie Furlaud, illustrations de Laurent Simon, Casterman, 2020.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6788 size-thumbnail alignright\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/ma-famille-est-recomposee-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>\u00ab Aim\u00e9e Qu\u2019est-ce que j\u2019ai \u00bb se plaint de ne pas s\u2019y retrouver entre son papa, qui vit tout seul, et sa maman, qui a un nouveau compagnon, Marcello, la fille de celui-ci, Lena, avec laquelle elle doit partager sa chambre, sans compter son nouveau \u00ab demi-fr\u00e8re. Elle oublie toujours quelque chose entre les deux maisons, pense toujours au parent dont elle est \u00e9loign\u00e9e\u2026 Cependant la discussion avec \u00ab Mehdi Moi-tout \u00bb l\u2019aide \u00e0 admettre que cette situation pr\u00e9sente cependant de bons c\u00f4t\u00e9s, mais surtout que ses parents l\u2019aiment toujours autant. Il s\u2019agit du quatri\u00e8me tome mettant en sc\u00e8ne ces deux personnages r\u00e9currents ayant d\u00e9j\u00e0 \u00e9chang\u00e9 sur la mort (<em>Ma grand-m\u00e8re est morte<\/em>, le divorce (<em>Mon papa et ma maman se s\u00e9parent<\/em>) et la naissance (<em>Maman attend un b\u00e9b\u00e9<\/em>), albums \u00e9labor\u00e9s par les m\u00eames complices. Une collection qui a pour ambition de \u00ab\u00a0traiter des grands sujets de la vie pour aider les enfants\u2026 et les parents\u00a0\u00bb, joliment illustr\u00e9e dans un style bande dessin\u00e9e, entrecoup\u00e9 d\u2019images plus symboliques\u00a0: doubles pages tr\u00e8s color\u00e9es sur lesquelles Aim\u00e9e constate puis analyse ses \u00e9motions.<\/p>\n<h3><strong><em>Killert T<\/em>, Robert Muchamore, traduit de l\u2019anglais par Val\u00e9rie Le Plouhinec, Casterman, 2019.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6789 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Killer-T-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Parler d\u2019un coup de c\u0153ur serait exag\u00e9r\u00e9, car ce roman touffu, qui part un peu dans tous les sens et m\u00e9lange les genres, ne m\u2019a pas s\u00e9duite autant que les romans pr\u00e9c\u00e9dents de l\u2019auteur que je trouve plus \u00e0 l\u2019aise dans les r\u00e9cits d\u2019espionnage (<a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/179-191-Vlieghe.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>Cherub<\/em><\/a>) ou \u00ab musicaux \u00bb (<a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=2445\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>Rockwar<\/em>, voir Coups de c\u0153ur Printemps-\u00e9t\u00e9 2016<\/a>). Mais les th\u00e9matiques actuelles et futuristes (modifications g\u00e9n\u00e9tiques, bioterrorisme) sur fond de relation amoureuse tumultueuse, devraient int\u00e9resser certains lecteurs amateurs de dystopies. Sans compter que le contexte actuel de pand\u00e9mie due au coronavirus conf\u00e8re un int\u00e9r\u00eat ind\u00e9niable \u00e0 cette intrigue mettant en sc\u00e8ne deux jeunes gens, Charlie et Harry, face aux menaces li\u00e9es \u00e0 la diffusion d\u2019un virus synth\u00e9tique tuant 90% des contamin\u00e9s\u2026<\/p>\n<h3><strong><em>Nous sommes l\u2019\u00e9tincelle<\/em>, Vincent Villeminot, PKJ, 2019.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7035 size-thumbnail alignright\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Nous-sommes-l-etincelle-e1600329630627-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>En 2061, Daniel et ses s\u0153urs, Montana et Judith, vivent au c\u0153ur d\u2019une grande for\u00eat en Dordogne, c\u2019est leur univers, ils n\u2019ont jamais rien connu d\u2019autre. Ils sont brutalement enlev\u00e9s par des braconniers sanguinaires. Adam et Allis, leurs parents feront tout pour les retrouver et les sauver, avec l\u2019aide discr\u00e8te d\u2019un \u00ab ermite \u00bb et d\u2019un \u00ab sauvage \u00bb. Tout a commenc\u00e9 en 2022 quand un jeune universitaire anglais, Thomas F. a publi\u00e9 un manifeste intitul\u00e9 \u00a0\u00ab\u00a0Do not count on us \u00bb (\u00ab Ne comptez pas sur nous \u00bb) pr\u00f4nant une rupture nette avec un monde qui ne se respecte plus : il faut aller vivre dans les marges, recr\u00e9er un \u00ab monde \u00e0 c\u00f4t\u00e9 \u00bb, constitu\u00e9 de communaut\u00e9s politiques bas\u00e9es sur l\u2019amiti\u00e9. Dans toute l\u2019Europe, des jeunes s\u2019enthousiasment pour ces id\u00e9es, se rebellent, manifestent et partent sur les routes : c\u2019est la \u00ab S\u00e9cession \u00bb en 2025. Antigone et Xavier, Joan (Jay), Paul (Pibe), La Houle, Berzek, font partie des pionniers, mais l\u2019\u00c9tat ne les laissera pas en paix\u2026 En 2042, les villes sont devenues des prisons, les \u00e9tudiants sont parqu\u00e9s dans des containeurs ; Allis Koteas, traumatis\u00e9e par une tentative de viol d\u00e9cide d\u2019int\u00e9grer la \u00ab Brigade de Gestion et de Protection des Autres Esp\u00e8ces Animales \u00bb et finit par \u00eatre affect\u00e9e \u00e0 la traque, tr\u00e8s dangereuse, des braconniers s\u00e9vissant dans la Grande For\u00eat, r\u00e9serve naturelle sauvage prot\u00e9g\u00e9e. Roman d\u2019anticipation qui commence par la fin, ce r\u00e9cit s\u2019\u00e9tale sur presque quarante ans, mettant en sc\u00e8ne trois g\u00e9n\u00e9rations de personnages dont les liens n\u2019apparaitront que progressivement. Sa temporalit\u00e9 compl\u00e8tement destructur\u00e9e, les incessants allers-retours entre le pr\u00e9sent et les diff\u00e9rentes p\u00e9riodes du pass\u00e9, les pens\u00e9es des personnages ou \u00a0les extraits du manifeste de Thomas F.\u00a0 rendent la narration complexe, ce qui n\u00e9cessitera de bonnes comp\u00e9tences de lecture. Mais il se r\u00e9v\u00e8le passionnant par les th\u00e8mes qu\u2019il d\u00e9veloppe : que reste-t-il de l\u2019utopie de d\u00e9part vingt-cinq ans plus tard ? Le r\u00eave est-il encore possible ? L\u2019amiti\u00e9 est-elle le ciment de la soci\u00e9t\u00e9 ? Un roman palpitant dont la violence, voire la trag\u00e9die, sont loin d\u2019\u00eatre absentes mais qui n\u2019\u00e9teint jamais la flamme de l\u2019espoir.<\/p>\n<h3><strong><em>Comment mon p\u00e8re est mort 2 fois<\/em>, Yves Grevet, Syros, 2019.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7038 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Comment-mon-pere-...-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>2017\u00a0: son p\u00e8re vient de mourir d\u2019un accident sur une route de La R\u00e9union\u00a0; encore sous le choc, So\u00ebn d\u00e9couvre que Gilles avait une famille en m\u00e9tropole dont il lui avait cach\u00e9 l\u2019existence. Sans compter que des policiers arrivent de Paris pour enqu\u00eater sur ce qui pourrait bien \u00eatre un assassinat. Avec le soutien de son amie Ida, So\u00ebn entreprend alors, non sans risques, de d\u00e9couvrir qui est ce p\u00e8re inconnu, en r\u00e9alit\u00e9 pr\u00e9nomm\u00e9 Yvon, dont il fait la connaissance par bribes, gr\u00e2ce aux t\u00e9moignages de ses proches et aux lettres qu\u2019il \u00e9crivait. Le r\u00e9cit de son enqu\u00eate est entrecoup\u00e9 par les carnets de son p\u00e8re, r\u00e9dig\u00e9s alors que celui-ci enseignait le fran\u00e7ais \u00e0 Ankara en 1984-85. Il y d\u00e9crivait son quotidien, ses amiti\u00e9s, ses amours. Tout a commenc\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque, en Turquie, sans qu\u2019Yvon imagine le drame qui le conduirait \u00e0 s\u2019exiler et \u00e0 vivre \u00ab\u00a0sous l\u00e9gende\u00a0\u00bb. Ce roman \u00e0 la fois intimiste, abordant la relation p\u00e8re-fils, et d\u2019espionnage, dans lequel le lecteur en sait davantage que les personnages, adopte la forme d\u2019un puzzle\u00a0; il int\u00e9ressera sans doute plut\u00f4t les plus \u00e2g\u00e9s \u00e9tant donn\u00e9 le contexte g\u00e9opolitique\u00a0: fin de la guerre froide, actions terroristes, secrets d\u2019\u00e9tat.<\/p>\n<h3><strong><em>Snake boy<\/em>, Carl Haasen, traduit de l\u2019anglais (\u00c9tats-Unis) par Val\u00e9rie Dayre, Thierry Magnier, 2019.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7041 size-thumbnail alignright\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/snake-boy-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" srcset=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/snake-boy-150x231.jpg 150w, https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/snake-boy-176x270.jpg 176w\" sizes=\"(max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/>Vivant en Floride, avec sa m\u00e8re Christine et sa s\u0153ur ain\u00e9e Belinda, Billy Dickens n\u2019a pas vu son p\u00e8re depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es\u00a0; il le sait toujours vivant puisque sa m\u00e8re re\u00e7oit de l\u2019argent pour eux chaque mois. Mais elle refuse de lui dire o\u00f9 vit son ex-mari.\u00a0 Cependant, le coll\u00e9gien, surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0Snake Boy\u00a0\u00bb vu sa fascination pour les serpents y compris les plus dangereux, r\u00e9ussit \u00e0 se procurer l\u2019adresse et d\u00e9cide de partir retrouver son g\u00e9niteur dans le Montana. Il y fait la connaissance de Little Thunder Sky, surnomm\u00e9e Lil, et de sa fille Summer Chasing Hawks, deux indiennes Crows, formant la nouvelle famille de Dennis. Mais \u00a0comme tr\u00e8s souvent, ce dernier est parti en mission secr\u00e8te\u00a0; il viendra finalement en Floride renouer avec Chrissie et ses enfants, m\u00eame s\u2019il garde toujours le secret sur ses activit\u00e9s. Ce sera le d\u00e9but d\u2019une aventure hors du commun\u00a0pour Billy et son p\u00e8re. M\u00eame s\u2019il semble peu r\u00e9aliste qu\u2019un si jeune gar\u00e7on fasse preuve d\u2019autant de maturit\u00e9, on adh\u00e8re \u00e0 sa qu\u00eate, \u00e0 sa personnalit\u00e9, \u00e0 son humour et \u00e0 son courage. On retrouve les th\u00e8mes chers \u00e0 l\u2019auteur en mati\u00e8re de protection de la nature et d\u2019amour des animaux\u00a0: le fils utilise les serpents pour \u00ab\u00a0calmer\u00a0\u00bb tous les m\u00e9chants\u00a0; sa m\u00e8re est passionn\u00e9e par les nids d\u2019aigles au point qu\u2019elle d\u00e9m\u00e9nage pour en avoir toujours au moins un dans son champ visuel et son p\u00e8re, gr\u00e2ce \u00e0 ses drones, prot\u00e8ge le gibier tout en traquant des braconniers tr\u00e8s dangereux. Sans compter que, parfois, les grizzly rendent la justice\u2026L\u2019humour et le suspense sont au rendez-vous.<\/p>\n<h3><strong><em>Le roi Serpent<\/em>, Jeff Zentner, traduit de l\u2019anglais (\u00c9tats-Unis) par Caroline Bouet, PKJ, 2019.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7040 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Le-Roi-serpent-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Premier roman d\u2019un guitariste auteur-compositeur-interpr\u00e8te, cet ouvrage met en sc\u00e8ne un trio d\u2019amis qui vivent leur derni\u00e8re ann\u00e9e de lyc\u00e9e \u00e0 Forestville dans le Tennessee. Si Lydia Blankenship, blogueuse active, vivant dans une famille aimante et ais\u00e9e, sait d\u00e9j\u00e0 qu\u2019elle rejoindra une universit\u00e9 prestigieuse, ce n\u2019est pas le cas des deux gar\u00e7ons : face \u00e0 un p\u00e8re alcoolique et violent, Travis Bohannon, se r\u00e9fugie dans la Fantasy et les forums en ligne ; quant \u00e0 Dillard Early, comment peut-il oublier, et faire oublier, qu\u2019il est le fils d\u2019un pasteur emprisonn\u00e9 pour p\u00e9dophilie, mais \u00e9galement le petit fils \u00ab du Roi Serpent \u00bb, ainsi surnomm\u00e9 parce qu\u2019il n\u2019a pas support\u00e9 la mort de sa fille, mordue par une vip\u00e8re, sur la tombe de laquelle il s\u2019est suicid\u00e9 ? Dill, englu\u00e9 dans les discours religieux de ses parents, hant\u00e9 par l\u2019id\u00e9e de ressembler \u00e0 son p\u00e8re, se r\u00e9signe \u00e0 son sort, refusant toute ambition. La disparition tragique de Travis l\u2019an\u00e9antit au point qu\u2019il songe \u00e0 imiter son grand-p\u00e8re. Lydia, pleine d\u2019entrain et d\u2019\u00e9nergie, r\u00e9ussit cependant \u00e0 lui insuffler un peu d\u2019espoir et \u00e0 le convaincre qu\u2019il a du talent comme musicien, qu\u2019il peut entamer des \u00e9tudes. Un roman initiatique d\u2019une grande sensibilit\u00e9, mettant en valeur le poids des histoires familiales et de la religion sur le destin des individus, contrebalanc\u00e9 par des amiti\u00e9s ind\u00e9fectibles et les capacit\u00e9s de chacun \u00e0 sortir de trajectoires qui semblaient in\u00e9luctables, m\u00eame si se lib\u00e9rer a un prix. Une fin ouverte, porteuse d\u2019espoir.<\/p>\n<h3><strong><em>Et la lune, l\u00e0-haut<\/em>, Muriel Z\u00fcrcher, Thierry Magnier, 2019.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7044 size-thumbnail alignright\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Et-la-lune-la-haut-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" srcset=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Et-la-lune-la-haut-150x231.jpg 150w, https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Et-la-lune-la-haut-175x270.jpg 175w\" sizes=\"(max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/>L\u2019amiti\u00e9 est \u00e9galement au centre de ce roman touchant et d\u00e9cal\u00e9. Yaro, r\u00e9fugi\u00e9 sans papiers de 18 ans se d\u00e9brouille comme il peut. Quand il rep\u00e8re Alistair promenant un chien, il \u00e9chafaude une arnaque dont il n\u2019anticipe pas un instant les cons\u00e9quences. Le jeune homme, \u00e2g\u00e9 de 21 ans, n\u2019\u00e9tait pas sorti de son appartement depuis plus de deux ans, \u00ab\u00a0s\u00e9questr\u00e9\u00a0\u00bb par sa m\u00e8re depuis sa naissance, afin que rien de grave ne puisse lui arriver\u00a0! Mais ce jour-l\u00e0, sa m\u00e8re est morte\u2026 G\u00e9nie scientifique ayant tout appris derri\u00e8re un ordinateur, Alistair ne risque pas de savoir comment g\u00e9rer la situation car il est compl\u00e9tement inadapt\u00e9 sur le plan social. Yaro d\u00e9couvre alors l\u2019ampleur du gu\u00eapier dans lequel il s\u2019est fourr\u00e9, mais il a du c\u0153ur et ne peut abandonner ce grand dadais na\u00eff \u00e0 son sort. Ainsi se forme un duo attachant qu\u2019un enchainement de circonstances va entrainer dans des situations extraordinaires, parfois proches de la trag\u00e9die, mais l\u2019optimisme, les r\u00eaves et l\u2019humour l\u2019emporteront toujours. La narration alterne la troisi\u00e8me personne pour Yaro alors qu\u2019Alistair s\u2019exprime \u00e0 la premi\u00e8re, nous plongeant ainsi dans son univers mental\u00a0: son r\u00eave d\u2019aller sur la lune, sa rationalit\u00e9, ses connaissances th\u00e9oriques et livresques, son absence d\u2019\u00e9motions ou de sentiments, ses r\u00e9flexions au premier degr\u00e9. Ils seront amen\u00e9s \u00e0 croiser une foule de personnages pittoresques (voisines d\u2019immeuble), dont certains deviendront des amis (Sidonie et Georges) voire davantage (Jenny et Az\u00e8le Aya). R\u00e9solument optimiste, pr\u00f4nant la r\u00e9silience, quels que soient les traumatismes subis, il s\u2019agit d\u2019un roman parfois d\u00e9jant\u00e9 faisant du bien. La fin confirme ce qui pouvait \u00eatre pressenti : ce n\u2019est pas parce qu\u2019Alistair \u00e9tait \u00ab\u00a0diff\u00e9rent\u00a0\u00bb et vuln\u00e9rable que sa m\u00e8re l\u2019a prot\u00e9g\u00e9 du monde ext\u00e9rieur, mais plut\u00f4t l\u2019inverse\u2026<\/p>\n<h3><strong><em>Ch\u00e8re Fubuki Katana<\/em>, Annelise Heurtier, Casterman, 2020.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7049 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/chere-Fubuki-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Lyc\u00e9enne harcel\u00e9e depuis qu\u2019elle a pris la d\u00e9fense d\u2019une \u00ab\u00a0Burakamin\u00a0\u00bb (les \u00ab\u00a0Intouchables\u00a0\u00bb du Japon), Emi s\u2019est repli\u00e9e sur elle-m\u00eame, s\u2019isole et se d\u00e9valorise. Elle fr\u00e9quente un \u00ab\u00a0bar \u00e0 chats\u00a0\u00bb, o\u00f9 elle fait la connaissance d\u2019une fille un peu plus \u00e2g\u00e9e qu\u2019elle, Hana. Libre et d\u00e9complex\u00e9e, celle-ci devient son amie et l\u2019aide \u00e0 retrouver confiance en elle. Quelques indices, dont les courriers adress\u00e9s \u00e0 Fubuki Katana, permettront sans doute aux lecteurs clairvoyants de deviner de quoi sont capables les parents d\u2019une fille unique, craignant qu\u2019elle ne devienne une \u00ab\u00a0Hikikomori\u00a0\u00bb (jeunes qui vivent enferm\u00e9s chez eux, sans contacts sociaux)\u2026 Des personnages attachants, un roman facile \u00e0 lire, mettant en sc\u00e8ne un univers culturel\u00a0 tr\u00e8s contrast\u00e9, empreint de modernit\u00e9 telle que nous la connaissons et de traditions\/attitudes tr\u00e8s diff\u00e9rentes des n\u00f4tres.<\/p>\n<h3><strong><em>River<\/em>, Claire Castillon, Scripto, Gallimard, 2019.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7051 size-thumbnail alignright\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/river-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Comment River fait-elle pour supporter ce harc\u00e8lement continu au coll\u00e8ge\u00a0? Isolement, moqueries, insultes, racket, agressions multiples constituent son quotidien tel que sa s\u0153ur le rapporte, avec un certain d\u00e9tachement. Il faut dire que River, intelligente, en r\u00e9ussite scolaire, est \u00ab\u00a0diff\u00e9rente\u00a0\u00bb, impr\u00e9visible, explosive, obsessionnelle parfois, bref, \u00e9trange et compliqu\u00e9e, au point que six th\u00e9rapeutes s\u2019occupent d\u2019elle. Si sa famille lui prodigue amour et attention, il n\u2019en est pas de m\u00eame de la part des \u00e9l\u00e8ves du coll\u00e8ge, le terrible Alanka et ses sbires, les trois T, Tanguy, Tom et Thib\u00a0qui s\u2019acharnent sur elle. Malgr\u00e9 une fin optimiste, ce roman coup de poing ne nous cache rien de la cruaut\u00e9 des jeunes entre eux et de l\u2019aveuglement des \u00e9ducateurs qui les c\u00f4toient. L\u2019auteure \u00e9vite le pathos tout en faisant de River un personnage lucide et attachant\u00a0; son \u00e9criture subtile, notamment dans le jeu des pronoms et des substituts, pr\u00e9pare doucement les lecteurs \u00e0 la r\u00e9v\u00e9lation finale que les plus fins psychologues d\u2019entre eux auront anticip\u00e9e.<\/p>\n<h3><strong><em>Sign\u00e9 po\u00e8te X<\/em>, \u00c9lizabeth Acevedo, traduit de l\u2019anglais (\u00c9tats-Unis) par Cl\u00e9mentine Beauvais, Nathan, 2019.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7060 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/signe-poete-X-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Elle s\u2019exprime \u00e0 la premi\u00e8re personne, de fa\u00e7on percutante, sous forme de vers libres. Xiomara Batista, bient\u00f4t 16 ans, d\u2019origine dominicaine, vit \u00e0 Harlem. Sa m\u00e8re, p\u00e9trie de religion, la brime en lui interdisant tout ce dont une adolescente r\u00eave. Il faut dire que \u00ab\u00a0Mami\u00a0\u00bb aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e9pouser le Christ plut\u00f4t que l\u2019homme qui lui a permis d\u2019entrer aux \u00c9tats-Unis. Sans compter que, enfants de \u00ab\u00a0vieux\u00a0\u00bb, Xiomara et son fr\u00e8re jumeau Xavier n\u2019\u00e9taient plus attendus, faisant de leur \u00ab\u00a0Papi\u00a0\u00bb, coureur et buveur, un homme qui s\u2019est effac\u00e9 en renon\u00e7ant \u00e0 toutes ses frasques. La jeune fille dont le pr\u00e9nom signifie \u00ab\u00a0celle qui fait la guerre\u00a0\u00bb livre un combat chaque jour\u00a0: avec ses poings quand on la harc\u00e8le et qu\u2019on l\u2019insulte \u00e0 cause de ses formes voluptueuses, ou quand elle d\u00e9fend son fr\u00e8re, dont elle d\u00e9couvre soudain l\u2019homosexualit\u00e9. Elle \u00e9vacue \u00e9galement sa col\u00e8re en \u00e9crivant sa rage de ne pouvoir exprimer de vive voix tout ce qu\u2019elle ressent\u00a0: ses doutes, ses interrogations, sa complicit\u00e9 et ses discussions avec son amie Caridad, ses sentiments vis-\u00e0-vis d\u2019Aman qu\u2019il faut cacher\u2026 Heureusement, Madame Galiano, sa professeure d\u2019anglais, rep\u00e8re ses qualit\u00e9s d\u2019\u00e9criture et l\u2019invite \u00e0 participer au club de slam du lyc\u00e9e\u00a0: Xiomara va y rencontrer de nouveaux amis, s\u2019y \u00e9panouir, pouvoir enfin dire et \u00eatre qui elle est. L\u2019auteure, elle-m\u00eame d\u2019origine dominicaine et slameuse, a sans doute puis\u00e9 dans son exp\u00e9rience pour r\u00e9diger ce premier roman, plusieurs fois r\u00e9compens\u00e9, mettant en sc\u00e8ne de fa\u00e7on originale la r\u00e9volte d\u2019une adolescente forte et sinc\u00e8re.<\/p>\n<h3><strong><em>Je voulais juste \u00eatre libre<\/em>, Claire Gratias, \u00ab\u00a0Rester vivant\u00a0\u00bb, lemuscadier, 2019.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7061 size-thumbnail alignright\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Je-voulais-juste-etre-libre-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Le lecteur ne connaitra Manon qu\u2019\u00e0 travers les t\u00e9moignages et points de vue de tous ceux qui l\u2019ont c\u00f4toy\u00e9e, interrog\u00e9s par des policiers ou se confiant \u00e0 un avocat. Discr\u00e8te, effac\u00e9e, belle, cette jeune fille de 16 ans est \u00e9lev\u00e9e par une m\u00e8re tyrannique qui n\u2019a pas\u00a0 surmont\u00e9 ses traumatismes. Sa soif de libert\u00e9 la conduit \u00e0 fuguer avec Valentin Chevalier, secr\u00e8tement amoureux d\u2019elle depuis tr\u00e8s longtemps. Il l\u2019aime tant qu\u2019il lui pardonne ses trahisons et ses mensonges\u00a0; sa passion est m\u00eame si intense qu\u2019il est pr\u00eat \u00e0 tout pour l\u2019emmener loin des \u00ab\u00a0clients\u00a0\u00bb qui la font vivre. En cinq actes, le puzzle se\u00a0 reconstitue sous nos yeux, ne pouvant d\u00e9boucher que sur une trag\u00e9die. Le r\u00e9cit de Valentin \u00e0 son avocat ainsi que les r\u00e9ponses de chaque personnage interrog\u00e9, qu\u2019il soit proche de Manon ou plus \u00e9loign\u00e9, contribuent \u00e0 dresser le portrait d\u2019une adolescente ayant d\u00e9cid\u00e9 un jour de \u00ab\u00a0larguer les amarres\u00a0\u00bb sans mesurer les difficult\u00e9s et dangers qu\u2019elle devrait affronter. Le principe narratif adopt\u00e9 maintient le suspense tandis que les nombreux dialogues rendent le r\u00e9cit vivant et agr\u00e9able \u00e0 lire, malgr\u00e9 une issue dramatique.<br \/>\n\u00c9dition remani\u00e9e par l\u2019auteur d\u2019un roman paru chez Rageot en 2015, <strong><em>Entre nous et le ciel<\/em><\/strong>, r\u00e9\u00e9criture moderne de <em>Manon Lescaut<\/em>.<\/p>\n<h3><strong><em>Snap Killer<\/em>, Sylvie Allouche, Syros 2019.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7062 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/snap-killer-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>La deuxi\u00e8me enqu\u00eate de la commissaire Clara Di Lazio la conduit dans un lyc\u00e9e parisien o\u00f9 Gabriel Maurepas, \u00e9l\u00e8ve de terminale, vient d\u2019\u00eatre retrouv\u00e9 pendu par les pieds \u00e0 un arbre. Elle et son \u00e9quipe apprennent en outre qu\u2019une \u00e9l\u00e8ve de seconde, Garance, s\u2019est suicid\u00e9e quelques mois plus t\u00f4t, n\u2019ayant pas support\u00e9 le harc\u00e8lement odieux dont elle \u00e9tait victime sur les r\u00e9seaux sociaux. Le d\u00e9but du roman les fait vivre sous nos yeux\u00a0: Gabriel aimait Garance et le lui signifiait par po\u00e8mes interpos\u00e9s. L\u2019enqu\u00eate s\u2019av\u00e8re compliqu\u00e9e et nous suivons les t\u00e2tonnements des policiers qui veillent \u00e0 ne n\u00e9gliger aucune piste, tout en passant parfois \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de certains indices essentiels. Cependant, outre le meurtrier, ils seront \u00e9galement amen\u00e9s \u00e0 confondre d\u2019autres coupables. L\u2019auteure met en sc\u00e8ne un personnage attachant, Clara Di Lazio, intelligente, observatrice, directe, parfois trop\u00a0; c\u2019est \u00e9galement une femme bless\u00e9e, hant\u00e9e par la disparition autrefois de son jeune fr\u00e8re Vincent, jamais retrouv\u00e9. Ce traumatisme l\u2019a s\u00e9par\u00e9e de sa s\u0153ur Lisa dont la fille, Lilo, arrive \u00e0 Paris au moment o\u00f9 la commissaire d\u00e9marre son enqu\u00eate\u00a0: sa ni\u00e8ce y sera m\u00eal\u00e9e malgr\u00e9 elle. Un roman qui se lit avec plaisir et effroi, (face \u00e0 la noirceur de certains humains), au c\u0153ur duquel les relations familiales, toujours complexes, souvent contradictoires et\u00a0 parfois tr\u00e8s toxiques, occupent une place centrale, au moins aussi importante, voire plus, que le cyberharc\u00e8lement.<\/p>\n<p>L\u2019enqu\u00eate suivante, intitul\u00e9e <strong><em>Serial Tattoo<\/em><\/strong>, est annonc\u00e9e chez le m\u00eame \u00e9diteur pour aout 2020. Quant \u00e0 la premi\u00e8re, elle vient de paraitre au format poche : je la pr\u00e9sente plus loin.<\/p>\n<h2 id=\"nouve20\">Nouveaut\u00e9s en mati\u00e8re d\u2019\u00e9ditions et de collections<\/h2>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7064 size-thumbnail alignright\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/mazette-aime-bien-jouer-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/><strong>P\u00c8RE CASTOR<\/strong> (Flammarion jeunesse) a imagin\u00e9 \u00ab\u00a0Mazette\u00a0\u00bb, une collection de petits albums au format carr\u00e9 qui propose des histoires \u00e0 lire dans les deux sens\u00a0: <strong><em>Mazette est trop sensible\/Mazette est tr\u00e8s sensible<\/em><\/strong>\u00a0; <strong><em>Mazette aime bien jouer\/Mazette aime bien gagner<\/em><\/strong>, Agn\u00e8s Ledig, illustrations de Fr\u00e9d\u00e9ric Pillot, 2020. Centr\u00e9es sur les \u00e9motions des enfants, les histoires mettent en valeur deux mani\u00e8res d\u2019\u00eatre, diff\u00e9rentes, voire oppos\u00e9es\u00a0: faut-il accepter d\u2019\u00eatre trop sensible, est-ce un probl\u00e8me\u00a0? Jouer juste pour le plaisir ou seulement pour gagner\u00a0? Original et fut\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p><strong>CASTERMAN<\/strong> inaugure une collection intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Hant\u00e9\u00a0\u00bb, sous-titr\u00e9e \u00ab\u00a0Pire que vos pires cauchemars\u00a0\u00bb\u00a0: tout un programme\u00a0! Par des plumes fran\u00e7aises, \u00e0 petits prix.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7066 size-thumbnail alignright\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/la-maison-sans-sommeil-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/><\/p>\n<p><strong><em>La Maison sans sommeil<\/em><\/strong>, Benoit Malewicz, 2020. Si Paul s\u2019endort dans sa nouvelle maison, il se retrouve dans la cave, qui est loin d\u2019\u00eatre inoccup\u00e9e.<strong> \u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong><em><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7067 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/lamie-du-sous-sol-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>L\u2019amie du sous-sol<\/em><\/strong>, Rolland Auda, 2020.\u00a0Apr\u00e8s avoir disparu, Alma entraine son ami Letho sous terre afin d\u2019y aider un fant\u00f4me.<\/p>\n<p><strong><em>Le Dernier Petit Singe<\/em><\/strong>, Sarah Cohen-Scali, 2020. Pour s\u2019\u00e9chapper d\u2019un photomaton qui le pi\u00e8ge, Karim doit accepter un pacte mettant sa vie en danger.<\/p>\n<p><strong><em>Les \u00c9l\u00e8ves de l\u2019ombre<\/em><\/strong>, Ana\u00efs Vachez, 2020. Jade, \u00e9l\u00e8ve de 5<sup>e<\/sup>, constate avec effroi qu\u2019apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 coll\u00e9s par un professeur terrifiant, ses camarades ne se ressemblent plus.<\/p>\n<p><strong>SYROS <\/strong>lance une nouvelle collection \u00e0 destination des 8-12 ans, baptis\u00e9e <strong>OZ<\/strong>. Des auteurs fran\u00e7ais mettent en sc\u00e8ne des aventures bourr\u00e9es de fantaisie et d\u2019humour o\u00f9 le merveilleux et la magie se c\u00f4toient.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7070 size-thumbnail alignright\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ethan-et-orion-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/><\/p>\n<p><strong><em>Ethan et Orion<\/em><\/strong><strong>, Sylvie Allouche. 2020<\/strong>. \u00a0Aventure extraordinaire d\u2019un gar\u00e7on qui a le pouvoir de parler aux chevaux.<\/p>\n<p><strong><em><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7072 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/la-brosse-a-dents-du-futur-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Matou Watson\u2009: La Brosse \u00e0 dents du futur<\/em><\/strong><strong>, Claudine Aubrun, 2020<\/strong>. Minou Watson est un chat pas tr\u00e8s bien \u00e9lev\u00e9, mais qui r\u00e9sout tous les probl\u00e8mes\u2009!<\/p>\n<p><strong><em>Chasseurs de myst\u00e8res\u2009: L\u2019Enfant de minuit<\/em><\/strong><strong>, Camille Brissot, 2020<\/strong>. Un duo incroyable form\u00e9 par un gar\u00e7on et un jeune fant\u00f4me\u2009!<\/p>\n<p><strong><em>CornichonX<\/em><\/strong><strong>, Yves Grevet, 2020<\/strong>. D\u00e9couvrez le pouvoir des cornichonX, qui r\u00e9pondent \u00e0 vos questions si vous les mangez la nuit\u2026<\/p>\n<p>Enfin, \u00e0 l\u2019instar d\u2019autres \u00e9diteurs (Nathan, Flammarion\u2026), <strong>Syros<\/strong> lance une collection \u00ab\u00a0<strong>Dyscool\u00a0<\/strong>\u00bb \u00e0 destination des dyslexiques. Les plus grands succ\u00e8s de la collection \u00ab\u00a0Mini-syros\u00a0\u00bb seront adapt\u00e9s. Sont annonc\u00e9s <strong><em>L\u2019Enfaon<\/em>, \u00c9ric Simard, 2020<\/strong> et <strong><em>Qui a vol\u00e9 la main de Charles Perrault<\/em>\u00a0?, Claudine Aubrun, 2020<\/strong>.<\/p>\n<p><strong><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7074 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/dracula_couv-150x231.png\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>L\u2019\u00c9COLE DES LOISIRS <\/strong>propose dans \u00ab <strong>Illustres Classiques<\/strong> \u00bb de grandes \u0153uvres litt\u00e9raires en version abr\u00e9g\u00e9e, le texte original \u00e9tant r\u00e9duit dans une d\u00e9marche p\u00e9dagogique et illustr\u00e9 par un artiste contemporain. Quatre titres \u00e0 ce jour : <strong><em>Les Hauts de Hurlevent<\/em><\/strong>, <strong><em>Les Quatre Filles du Docteur March\u00a0 <\/em>(2019)<\/strong>,<strong><em> Th\u00e9r\u00e8se Raquin <\/em><\/strong>et <strong><em>Dracula <\/em>(2020).<\/strong><\/p>\n<p>Chez <strong>THIERRY MAGNIER,<\/strong> nouvelle collection intitul\u00e9e \u00ab L\u2019ardeur \u00bb pour \u00ab oser, lire, fantasmer \u00bb et \u00ab parler de corps et de sexualit\u00e9 autrement \u00bb. Quatre titres au catalogue \u00e0 ce jour : <strong><em>Le Gout du baiser<\/em>, Camille Emmanuelle, 2019 ; <em>Le Point sublime<\/em>, Manu Causse ; <em>Toute \u00e0 vous<\/em>, Ma\u00efa Brami <\/strong>et <strong><em>Touche-moi<\/em>, Susie Morgenstern, 2020. <\/strong>Entre les romances st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es et les r\u00e9cits pornographiques, il y a certainement de la place pour des romans dans lesquels des sc\u00e8nes o\u00f9 la sexualit\u00e9 est explicite ne seraient pas censur\u00e9es ou ellips\u00e9es, car faisant sens au sein de la fiction. Je n\u2019ai malheureusement pas eu l\u2019occasion de discuter de ces ouvrages avec le lectorat cibl\u00e9 (plus de 15 ans).<br \/>\n<img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7078 size-thumbnail alignright\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Le-point-sublime-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" srcset=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Le-point-sublime-150x231.jpg 150w, https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Le-point-sublime-176x270.jpg 176w\" sizes=\"(max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><strong><em>Le Point sublime<\/em><\/strong> met en sc\u00e8ne Mina une jeune r\u00e9alisatrice qui revient dans le Tarn : elle passait autrefois ses vacances chez Lune, sa grand-m\u00e8re, une femme libre et \u00e9mancip\u00e9e, dont ses parents l\u2019ont s\u00e9par\u00e9e. D\u00e9construits, les souvenirs reviennent : la d\u00e9couverte du plaisir et de la sexualit\u00e9 y tiennent une place importante, mais \u00e9galement sa vie de lyc\u00e9enne, devant surmonter la s\u00e9paration de ses parents, son amiti\u00e9 malsaine avec Audrey, qui parle plus qu\u2019elle n\u2019agit, et surtout la trahit\u2026 <img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7077 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Toute-a-vous-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" srcset=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Toute-a-vous-150x231.jpg 150w, https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Toute-a-vous-176x270.jpg 176w\" sizes=\"(max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/>R\u00e9dig\u00e9 \u00e0 la premi\u00e8re personne, dessinant le parcours d\u2019une jeune femme ayant appris \u00e0 se connaitre, \u00e0 travers des exp\u00e9riences parfois traumatisantes, parfois sublimes, il s\u2019agit d\u2019un gros roman sensible, mais in\u00e9gal \u00e0 mes yeux, car certaines sc\u00e8nes m\u2019ont sembl\u00e9 r\u00e9p\u00e9titives et artificielles.<br \/>\nDans <strong><em>Toute \u00e0 vous<\/em><\/strong>, Stella, jeune \u00e9tudiante en lettres, \u00e9crit des <a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/177_Vlieghe_R17.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">lettres\u00a0<\/a> qu\u2019elle n\u2019enverra jamais \u00e0 un voisin inconnu, aveugle de surcroit, sur lequel elle fantasme depuis qu\u2019elle l\u2019a vu \u00f4ter son tee-shirt. Cette correspondance \u00e0 sens unique, sorte de journal intime, sera l\u2019occasion pour Stella de laisser libre cours \u00e0 son imagination, \u00e0 ses d\u00e9sirs et de faire le point sur sa vie amoureuse. Une \u00e9criture \u00e9l\u00e9gante, truff\u00e9e de r\u00e9f\u00e9rences cin\u00e9matographiques non contemporaines\u2026<\/p>\n<h2 id=\"rezoe20\">Des nouvelles de r\u00e9seaux d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent\u00e9s<\/h2>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/215-230-Vlieghe.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>La beaut\u00e9, une dictature ?<\/em><\/a><\/h4>\n<h3><strong><em>Un poids sur le c\u0153ur<\/em><\/strong><strong>, Ya\u00ebl Hassan, Nathan, 2019.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7079 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/un-poids-sur-le-coeur-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>La famille de Marjorie rivalise d\u2019inventivit\u00e9 pour la qualifier\u00a0: ronde, envelopp\u00e9e, boulotte, gironde, pulpeuse, g\u00e9n\u00e9reuse\u2026 Il n\u2019emp\u00eache que l\u2019adolescente subit le harc\u00e8lement de ses camarades de coll\u00e8ge qui ne l\u2019\u00e9pargnent pas, parce qu\u2019elle est \u00ab\u00a0grosse\u00a0\u00bb. Le calvaire a commenc\u00e9 d\u00e8s l\u2019\u00e9cole primaire, le centre d\u2019amaigrissement pour enfants en surpoids et les r\u00e9gimes divers n\u2019y ont rien chang\u00e9. Si \u00e7a ne tenait qu\u2019\u00e0 elle, Marjorie, de nature enjou\u00e9e et dou\u00e9e sur le plan artistique, s\u2019en accommoderait, mais elle se voit \u00e0 travers le regard des autres et craint de ne plus \u00eatre aim\u00e9e des siens. L\u2019arriv\u00e9e dans la classe de Jo, qui malgr\u00e9 une maigreur extr\u00eame ne s\u2019en laisse pas compter, aidera Marjorie \u00e0 se monter plus combative face aux quolibets. Ayant elle-m\u00eame souffert de discrimination, en raison d\u2019une leuc\u00e9mie qu\u2019elle a heureusement vaincue, Jo lui offre son amiti\u00e9 car elle a imm\u00e9diatement per\u00e7u les qualit\u00e9s cach\u00e9es de Marjorie, la poussant ainsi \u00e0 reprendre confiance en elle. Un petit roman facile \u00e0 lire, r\u00e9solument positif, pr\u00f4nant l\u2019acceptation de soi.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/171-185_R68_Vlieghe.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em><strong><span style=\"color: #ca3a08;\">Exils et migrations<\/span><\/strong><\/em><\/a><\/h4>\n<h3><strong><em>Changer de pays<\/em><\/strong><strong>, Catherine Dolto et Colline Faure-Poir\u00e9e, illustrations de Robin, \u00ab\u00a0Mine de rien\u00a0\u00bb, Giboul\u00e9es, Gallimard Jeunesse, 2020.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7080 size-thumbnail alignright\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/changer-de-pays-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>La maitresse a demand\u00e9 \u00e0 Jamila de raconter son histoire. Elle est arriv\u00e9e du Y\u00e9men en guerre, avec ses parents et son petit fr\u00e8re Jaden. En quelques pages, des mots simples indiquent pourquoi on fuit son pays, d\u00e9crivent les dangers du voyage, les conditions difficiles d\u2019installation et d\u2019adaptation, le rejet parfois, mais \u00e9galement l\u2019amiti\u00e9. Ce petit album se termine par les mots que pose le Docteur Cat sur les \u00e9motions et souffrances des deux enfants \u00e2g\u00e9s de 7 et 4 ans, comme s\u2019ils \u00e9taient face \u00e0 elle. \u00c9migrer, ce n\u2019est jamais facile\u00a0!<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/177_Vlieghe_R17.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>Lettres, correspondances<\/em><\/a><\/h4>\n<h3><strong><em>Prendre son courage \u00e0 deux m@ils<\/em><\/strong><strong>, Matt7ieu Radenac, \u00ab\u00a0Tempo\u00a0\u00bb Syros, 2020.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7103 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/prendre-son-courage-a-deux-mails-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Voici la suite du petit roman <strong><em>Des livres et moi<\/em>\u00a0<\/strong> (2017) qui mettait en sc\u00e8ne le d\u00e9but d\u2019une correspondance entre Alex, pour qui lire est une corv\u00e9e, et l\u2019\u00e9crivain Filippe Cavreini. Ils sont devenus amis, voire confidents, sans qu\u2019Alex n\u2019aie jamais d\u00e9voil\u00e9 son sexe\u00a0: fille ou gar\u00e7on ? Alex est en seconde, s\u2019interroge sur son avenir, mais \u00e9galement sur ses origines, sa m\u00e8re lui parlant tr\u00e8s peu de son p\u00e8re dont elle s\u2019est s\u00e9par\u00e9e avant sa naissance. L\u2019adolescent\u00b7e confie ses doutes et sa col\u00e8re \u00e0 son ami \u00e9crivain, qui \u00e9coute, conseille, soutient, tout en lui faisant part de ses propres interrogations : il h\u00e9site \u00e0 accepter qu\u2019on adapte un de ses livres au cin\u00e9ma. Un roman-exercice de style, sous forme de correspondance \u00e9lectronique, tr\u00e8s agr\u00e9able \u00e0 lire, qui se termine sur la rencontre pr\u00e9vue des deux protagonistes, sans que le voile sur l\u2019identit\u00e9 d\u2019Alex ne soit lev\u00e9 ! Entre temps, elle ou lui aura enqu\u00eat\u00e9 sur son p\u00e8re et profit\u00e9 d\u2019un voyage scolaire pour le rencontrer ainsi que sa nouvelle famille, trouvant ainsi un apaisement salvateur.<\/p>\n<h3><strong><em>P.S. : tu me manques<\/em><\/strong><strong>, Jen Petro-Roy, traduit de l\u2019anglais (\u00c9tats-Unis) par Maud Ortalda, PKJ, 2019.<\/strong><\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7097 size-thumbnail alignright\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/PS-tu-me-manques-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Cilla, 16 ans, a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e par ses parents, car enceinte (voir dans le num\u00e9ro 64, le r\u00e9seau <a href=\"https:\/\/revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/205_219_R64_Vlieghe.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00ab\u00a0Encore adolescent\u00b7e\u00b7s, d\u00e9j\u00e0 parents\u00a0\u00bb<\/a>) de son petit ami Alex. Envoy\u00e9e \u00e0 la campagne chez sa tante Maureen jusqu\u2019\u00e0 l\u2019accouchement, elle est ensuite cens\u00e9e poursuivre sa scolarit\u00e9 au pensionnat Saint-Augustin. Mais elle ne r\u00e9pond jamais aux lettres que sa s\u0153ur Evie lui \u00e9crit quasi quotidiennement\u2026 Celle-ci, \u00e2g\u00e9e de 11 ans souffre de l\u2019absence de sa grande s\u0153ur\u00a0: elle n\u2019a plus personne \u00e0 qui se confier\u00a0; ses parents, tr\u00e8s croyants, se murent dans le silence et la religion. Cette correspondance \u00e0 sens unique l\u2019aide cependant \u00e0 affronter son quotidien\u00a0: elle raconte \u00e0 Cilla ses doutes, ses interrogations, son amiti\u00e9 naissante avec June qui \u00e9volue vers un sentiment amoureux. N\u2019ayant re\u00e7u que trois courtes lettres dactylographi\u00e9es, et voulant en avoir le c\u0153ur net, Evie, aid\u00e9e de ses amies, d\u00e9cide d\u2019aller retrouver Cilla \u00e0 St Augustin o\u00f9 elle d\u00e9couvre tout ce que ses parents lui ont cach\u00e9 et que le lecteur clairvoyant aura sans doute devin\u00e9. \u00c9tal\u00e9e sur une quinzaine de mois, cette correspondance s\u2019apparente au journal intime d\u2019une adolescente en questionnement, qui grandit et murit\u00a0: le dialogue avec des parents rigides n\u2019existe plus, elle s\u2019interroge sur le r\u00f4le et l\u2019int\u00e9r\u00eat de la religion, remet en cause l\u2019attitude et les valeurs familiales, s\u2019ouvre \u00e0 d\u2019autres id\u00e9es, finit par reconnaitre et accepter les sentiments \u00e9prouv\u00e9s envers June. Tant de fid\u00e9lit\u00e9 et d\u2019amour envers sa s\u0153ur rendent Evie attachante\u00a0et contribuent \u00e0 d\u00e9nouer les tensions familiales.<\/p>\n<h2 id=\"reedie20\">R\u00e9\u00e9ditions ou parutions au format poche de titres d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9s (ou pas, d\u2019ailleurs\u2026)<\/h2>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><strong>Casterman<br \/>\n<\/strong><\/h4>\n<p><strong><em><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7084 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/oedipe-schlac-shlac-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>\u0152dipe schlac schlac<\/em><\/strong>, Sophie Dieuaide, 2020. Nouvelle \u00e9dition enrichie de cet ouvrage paru en 2002. Gr\u00e2ce aux conseils du carnet de th\u00e9\u00e2tre joint, les \u00e9l\u00e8ves pourront jouer eux-m\u00eames la pi\u00e8ce mise en sc\u00e8ne par les \u00e9l\u00e8ves du roman d\u00e9jant\u00e9 de l\u2019auteure.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">P\u00e8re Castor, Flammarion Jeunesse<\/h4>\n<p><strong><em>Les Lettres de Biscotte Mulotte<\/em><\/strong>, Anne-Marie Chapouton, illustrations de Lili la Baleine, 2020. R\u00e9\u00e9dition d\u2019un c\u00e9l\u00e8bre ouvrage (Castor Cadet, 1992) que j\u2019avais pr\u00e9sent\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/177_Vlieghe_R17.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">dans le num\u00e9ro 17 de <em>Recherches<\/em><\/a> (2<sup>e<\/sup> semestre 1992) consacr\u00e9 \u00e0 un r\u00e9seau \u00ab Lettres \u00bb. Le format album, les bulles de BD ins\u00e9rant les dialogues, les nouvelles illustrations et les six enveloppes incluses \u00e0 ouvrir devraient enchanter les jeunes lecteurs.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">Gallimard Jeunesse<\/h4>\n<p><strong><em><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7085 size-thumbnail alignright\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Danny-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Danny, champion du monde<\/em><\/strong>, Roald Dahl, illustrations de Quentin Blake, traduit de l\u2019anglais par Jean-Fran\u00e7ois M\u00e9nard, 2020. Cette belle histoire d\u2019amour entre un p\u00e8re et son fils rejoint le catalogue de l\u2019\u00e9diteur avec les illustrations in\u00e9dites en France de Quentin Blake. Pour l\u2019instant en grand format litt\u00e9rature avec l\u2019espoir d\u2019une parution prochaine en poche\u2026<\/p>\n<p><strong><em><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7087 size-thumbnail alignright\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/la-belle-sauvage-1-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/><\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>La Belle Sauvage<\/em><\/strong><strong>, Philip Pullman, Folio Junior, 2020. <\/strong>Pr\u00e9sent\u00e9 dans <a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=3652\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Actualit\u00e9s Automne-Hiver 2017<\/a>.<br \/>\n<strong><em><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7096 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Brexit-romance-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Brexit Romance<\/em><\/strong><strong>, Cl\u00e9mentine Beauvais \u00ab<\/strong>\u00a0<strong>P\u00f4le Fiction\u00a0\u00bb, 2020, (Sarbacane, 2018). <\/strong>Mariages blancs franco-anglais contre divorce Angleterre-Europe. C\u2019est l\u2019id\u00e9e farfelue et os\u00e9e mise en \u0153uvre par Justine Dodgson\u00a0! Comme le titre l\u2019indique, tout ne se passera pas raisonnablement et rationnellement comme pr\u00e9vu. Une galerie de personnages hauts en couleurs, des sujets plus politiques qu\u2019ils n\u2019en n\u2019ont l\u2019air, trait\u00e9s avec humour. Tr\u00e8s \u00ab\u00a0branch\u00e9\u00a0\u00bb, un peu trop peut-\u00eatre\u2026 \u00c9galement publi\u00e9 en \u00ab\u00a0J\u2019ai lu\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7094 size-thumbnail alignright\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Ne-te-fie-a-personne-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/><\/p>\n<p><strong><em>La Brigade de l\u2019ombre<\/em><\/strong><strong>\u00a0: <em>Ne te fie \u00e0 personne<\/em> et <em>Ne compte que sur les tiens<\/em>, Vincent Villeminot, \u00ab\u00a0P\u00f4le Fiction\u00a0\u00bb, 2019 et 2020. <\/strong>Respectivement pr\u00e9sent\u00e9s dans<a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=3499\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"> Actualit\u00e9s Printemps-\u00e9t\u00e9 2017<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=3652\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Automne-Hiver 2017<\/a>.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft wp-image-7090 size-thumbnail\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/les-jeux-du-siecle-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/><\/p>\n<p><strong><em>Les Myst\u00e8res de Larispem<\/em><\/strong><strong>\u00a0: <em>Le sang jamais n\u2019oublie personne<\/em><\/strong><em>,<\/em><strong><em> Les jeux du si\u00e8cle <\/em><\/strong>et<em> \u00a0<\/em><strong><em>L\u2019\u00e9lixir ultime<\/em><\/strong>, <strong>Lucie Pierrat Pajot, \u00ab\u00a0P\u00f4le Fiction\u00a0\u00bb, 2018, 2019, 2020. <\/strong>La trilogie \u00e9voqu\u00e9e dans <a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=2445\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Actualit\u00e9s Printemps-\u00e9t\u00e9 2016<\/a> est enfin disponible en poche.<\/p>\n<p>Toujours en <strong>\u00ab\u00a0P\u00f4le Fiction\u00a0\u00bb,<\/strong> trois romans de <strong>Joyce Carol Oates<\/strong>\u00a0:<\/p>\n<p><strong><em>Nulle et Grande gueule<\/em>, traduit de l\u2019anglais (\u00c9tats-Unis) par Claude Seban, 2019<\/strong>. Deux lyc\u00e9ens atypiques s\u2019opposent aux rumeurs, au conformisme et au harc\u00e8lement.<br \/>\n<strong><em>Sexy<\/em>, traduit par Diane M\u00e9nard, 2019<\/strong> : Darren, jeune et beau champion de natation laissera-t-il accuser de p\u00e9dophilie son professeur d\u2019anglais, Mr Tracy ?<br \/>\n<strong><em>Zarbi les yeux verts<\/em>, traduit par Diane M\u00e9nard, 2020<\/strong>\u00a0: les ravages commis au sein de sa famille par un p\u00e8re c\u00e9l\u00e8bre, autoritaire et manipulateur.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7145 size-medium aligncenter\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/2020-09-18-300x180.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"180\" \/><\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7091 size-thumbnail alignright\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Maman-les-p-tits-bateaux-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Le Muscadier<\/h4>\n<p><strong><em>Maman les p\u2019tits bateaux<\/em><\/strong>, Claire Mazard, 2020. Tr\u00e8s beau texte traitant avec d\u00e9licatesse d\u2019abus sexuels, initialement paru chez Casterman, pr\u00e9sent\u00e9 dans le n\u00b0\u00a044 de <em>Recherches<\/em> (2006) au sein d\u2019un r\u00e9seau <a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/p_175-188_vlieghe.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Journal intime<\/a> .<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">PKJ<\/h4>\n<p><strong><em><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7099 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Seuls-dans-la-ville-entre-9h-et-10h30-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Seuls dans la ville entre 9 h et 10 h 30<\/em>, Yves Grevet, 2019, (Syros 2011).<\/strong> Une enqu\u00eate originale men\u00e9e par Erwan et Cassandre, \u00e0 partir des vingt-cinq copies des \u00e9l\u00e8ves de leur classe\u00a0: l\u2019un d\u2019eux a peut-\u00eatre not\u00e9 un indice important ce matin-l\u00e0 lorsqu\u2019ils \u00e9taient cens\u00e9s d\u00e9crire tout ce qu\u2019ils observaient, au moment m\u00eame o\u00f9 le notaire de la ville \u00e9tait assassin\u00e9\u2026<br \/>\n<strong><em><img loading=\"lazy\" class=\"alignright size-thumbnail wp-image-7101\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Stabat-Murder-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Stabat Murder<\/em>, Sylvie Allouche, 2020. (Syros 2017).<\/strong> Quatre jeunes pianistes du Conservatoire National Sup\u00e9rieur de Musique, amis davantage que concurrents, disparaissent soudainement peu de temps avant de passer un prestigieux concours. Premi\u00e8re apparition de Clara Di Lazzio qui revit douloureusement les recherches, rest\u00e9es vaines, destin\u00e9es \u00e0 retrouver son jeune fr\u00e8re disparu\u00a0; elle m\u00e8ne son \u00e9quipe tambour battant, quitte \u00e0 se fourvoyer. D\u00e9termin\u00e9s \u00e0 localiser Matthis, Mia, Sacha et Valentin avant qu\u2019il ne soit trop tard, les enqu\u00eateurs\u00a0 interrogent de nombreux personnages secondaires, professeurs, amis, parents. Musique et famille sont au c\u0153ur de ce r\u00e9cit, alternant pass\u00e9 des personnages, d\u00e9roulement erratique de l\u2019enqu\u00eate, qui se conclut un peu rapidement, et conditions \u00e9pouvantables de la s\u00e9questration des jeunes.<br \/>\n\u00c0 l\u2019instar des deux suivants (voir plus haut), un titre sous forme de clin d\u2019\u0153il pour initi\u00e9s.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">Poche Jeunesse Hachette<\/h4>\n<p><strong><em>Quand Hitler s\u2019empara du lapin rose<\/em><\/strong>, Judith Kerr, traduit de l\u2019anglais par Boris Moissard, 2019. En 1933, Anna et sa famille fuient la mont\u00e9e du nazisme. R\u00e9cit autobiographique publi\u00e9 en 1985 par L\u2019\u00e9cole des loisirs, auquel l\u2019auteure r\u00e9digea une suite <strong><em>Ici Londres<\/em><\/strong>, traduit par Antoine Lermuzeaux, (m\u00eame \u00e9diteur, 1991\u00a0; r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en 2018 par Albin Michel Jeunesse) o\u00f9 l\u2019on retrouve les personnages, r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 Londres pendant la guerre.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-7147 size-full\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/2020-09-181-scaled-e1600449951185.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"180\" \/><\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">Syros<\/h4>\n<p><strong><em><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7092 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/mots-pour-combatre-racisme-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Les mots pour combattre le racisme<\/em><\/strong>, <strong>Jessie Magana et Alexandre Messager, 2020.<\/strong> Une nouvelle \u00e9dition actualis\u00e9e d\u2019un ab\u00e9c\u00e9daire indispensable\u00a0: 67 mots qui d\u00e9cryptent \u00a0tous les aspects du racisme, des plus anciens aux plus r\u00e9cents.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">L\u2019\u00e9cole des loisirs<\/h4>\n<p><strong><em><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7104 size-thumbnail alignleft\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Sauveur-et-fils-3-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Sauveur<\/em> <em>et fils<\/em>, Saison 3, Marie-Aude Murail, M\u00e9dium Poche, 2020<\/strong>.\u00a0 S\u00e9rie pr\u00e9sent\u00e9e dans <a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=6000\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Actualit\u00e9s Printemps-\u00e9t\u00e9 2019<\/a>.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">Thierry Magnier<\/h4>\n<p>Saluons les nouvelles \u00e9ditions (2020) de trois beaux romans de <strong>Micka\u00ebl Ollivier<\/strong>\u00a0: <strong><em>Papa est \u00e0 la maison<\/em> (2000)<\/strong>\u00a0: \u00c9lodie ne sait si elle doit se r\u00e9jouir ou \u00eatre honteuse que son p\u00e8re ch\u00f4meur reste \u00e0 la maison\u00a0; <strong>E.DEN (2004)<\/strong> pr\u00e9sent\u00e9 dans le num\u00e9ro 62-2015 de <em>Recherches<\/em> (R\u00e9seau \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/213-224_R62_Vlieghe.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">R\u00eave ou cauchemar\u00a0?\u00a0<\/a>\u00bb) et <strong><em>L\u2019Alibi<\/em> (2008)\u00a0<\/strong>: L\u2019univers de Nico s\u2019effondre le jour o\u00f9 il doit fournir un alibi \u00e0 ses parents malfrats pour les sauver.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vu le nombre de parutions int\u00e9ressantes depuis ma derni\u00e8re chronique, celle qui suit ayant en outre pris du retard, j\u2019ai choisi d\u2019\u00eatre parfois plus concise dans mes pr\u00e9sentations afin de ne pas devoir \u00e9liminer certains titres. J\u2019esp\u00e8re que nos lecteurs ne m\u2019en tiendront pas rigueur\u2026 Coups de c\u0153ur documentaires Coups de c\u0153ur actualit\u00e9s Nouveaut\u00e9s en &hellip; <a href=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=7132\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Les coups de c\u0153ur d\u2019\u00c9lizabeth Vlieghe \u2013 2020<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[940],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7132"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7132"}],"version-history":[{"count":45,"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7132\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8545,"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7132\/revisions\/8545"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7132"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7132"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7132"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}