{"id":6303,"date":"2020-01-29T09:57:27","date_gmt":"2020-01-29T08:57:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=6303"},"modified":"2020-02-26T15:38:12","modified_gmt":"2020-02-26T14:38:12","slug":"les-coups-de-coeur-delizabeth-vlieghe-printemps-ete-2018-2-2-2-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=6303","title":{"rendered":"Les coups de c\u0153ur d\u2019\u00c9lizabeth Vlieghe \u2013 Hiver 2019-2020"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Au sommaire :<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul><li><a href=\"#docu\">Coups de c\u0153ur documentaires<\/a><\/li><li><a href=\"#actu\">Coups de c\u0153ur actualit\u00e9s<\/a><\/li><li><a href=\"#nouv\">Nouveaut\u00e9s en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9dition et de collections<\/a><\/li><li><a href=\"#reseaux\">Des nouvelles des r\u00e9seaux d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent\u00e9s<\/a> (<a href=\"#1418\">Guerre 14-18<\/a>, <a href=\"#ano\">Anorexie<\/a>,<a href=\"#migr\"> Exils et migrations<\/a>)<\/li><li><a href=\"#reedit\">Parutions au format poche et r\u00e9\u00e9ditions<\/a> <\/li><\/ul>\n\n\n\n<h2 id=\"docu\">Coups de c\u0153ur documentaires<\/h2>\n\n\n\n<h3><strong><em>Je suis QUI&nbsp;? Je suis QUOI&nbsp;?,<\/em> Jean-Michel Billioud, Sophie Nanteuil, Terkel Risberg, Zelda Zonk, Casterman, 2019.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"231\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/01_Je-suis-qui...-150x231.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6316\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Voici un documentaire qui devrait figurer en bonne place dans tous les CDI et m\u00e9diath\u00e8ques, car il aborde enfin pour les jeunes&nbsp; les probl\u00e9matiques LGBT+ (Lesbiennes, Gays, Bisexuel\u00b7le\u00b7s, Trans ; le + signifiant, selon les associations, queers, alli\u00e9\u00b7e\u00b7s, pansexuel\u00b7le\u00b7s, personnes intersexes, aromantiques, asexuel\u00b7le\u00b7s, agenres, tous ces termes \u00e9tant par ailleurs d\u00e9finis au fur et \u00e0 mesure puis repris dans un lexique final). Il s\u2019agit de r\u00e9pondre le plus clairement et simplement possible \u00e0 toutes les questions intimes que les adolescents se posent en mati\u00e8re d\u2019identit\u00e9, de genre, de sexualit\u00e9, afin de les aider \u00e0 comprendre qui ils sont vraiment et \u00e0 le devenir, sans se mentir. T\u00e9moignages, FAQ, biographies sous forme de BD de personnages c\u00e9l\u00e8bres (de Sappho \u00e0 Caitlyn Jenner en passant, entre autres, par Freddy Mercury ou Am\u00e9lie Mauresmo), r\u00e9futation des id\u00e9es re\u00e7ues, cartes pointant l\u2019\u00e9tat des droits LGBT+ dans le monde permettent de mettre des mots sur des faits, des ressentis, de d\u00e9dramatiser les situations, de conforter une envie. Par ailleurs, m\u00eame si le regard de la soci\u00e9t\u00e9 a \u00e9volu\u00e9, se faisant plus tol\u00e9rant et ouvert, il n\u2019en reste pas moins que la LGBTphobie persiste, voire augmente, d\u2019o\u00f9 l\u2019int\u00e9r\u00eat des pages \u00e9voquant les insultes, les agressions et la mani\u00e8re dont on peut r\u00e9agir ou se faire aider (associations par r\u00e9gions, num\u00e9ros et sites utiles).<\/p>\n\n\n\n<p>On ne peut donc que saluer la parution de cet ouvrage \u00e0 destination des adolescents, mais \u00e9galement de tous les adultes qui souhaitent les accompagner. Il aborde ces questions essentielles sans fard, avec bienveillance et humour, en affirmant bien fort que chacun est unique et qu\u2019il n\u2019y pas de honte \u00e0 \u00eatre soi. L\u2019album <em><a href=\"#camille\">Je suis Camille<\/a><\/em>, ou les romans <em>It<\/em> et <em>Celle dont j\u2019ai toujours r\u00eav\u00e9<\/em>, pr\u00e9sent\u00e9s un peu plus loin, en sont l\u2019illustration parfaite, m\u00eame si le parcours est sem\u00e9 d\u2019embuches. Je rappelle enfin la trilogie d\u2019anticipation de C. Cueva, <em><a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=3499\/#porteurs1\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\" (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Les Porteurs<\/a>, <\/em>qui soulevait \u00e9galement la question du choix d\u2019un genre (cf. Coups de c\u0153ur <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=3499\" target=\"_blank\">printemps 2017<\/a>, <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=3652\" target=\"_blank\">automne-Hiver 2017<\/a> et <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=5142\" target=\"_blank\">printemps-\u00e9t\u00e9 2018<\/a>).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ceux qui souhaiteraient constituer un r\u00e9seau sur ces sujets, notamment par le biais de la fiction, je recommande vivement <a href=\"https:\/\/fr.calameo.com\/read\/0045397152bf5cdaec4df\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">le suppl\u00e9ment exhaustif de \u00ab&nbsp;La Mare aux mots&nbsp;\u00bb, <\/a>une mine&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Signalons enfin quelques films r\u00e9cents \u00e9voquant la transidentit\u00e9, notamment <em>Girl<\/em> de Lukas Dhont (2018), <em>Lola vers la mer<\/em> de Laurent Micheli (2019), <em>Indianara<\/em>, documentaire d&rsquo;Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa (2019) ou encore le personnage de Sam dans la s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e <em>Mytho<\/em> (2019).<\/p>\n\n\n\n<h3><strong><em>Les Combattants : des femmes et des hommes qui ont voulu changer le monde<\/em><\/strong><strong>, Jean Michel Billioud, illustrations de Nicolas Andr\u00e9,&nbsp; Casterman, 2019.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"231\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/02_les-combattants-150x231.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6317\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Parmi la multitude des personnes, issues du monde entier, ayant men\u00e9 un combat pour une cause juste \u00e0 leurs yeux, l\u2019auteur a s\u00e9lectionn\u00e9 15 femmes et 15 hommes qui ont voulu un monde meilleur, une soci\u00e9t\u00e9 plus \u00e9quitable et durable. Le choix n\u2019a pas d\u00fb \u00eatre simple&nbsp;: il refl\u00e8te une grande diversit\u00e9 d\u2019origines, de parcours, de mani\u00e8res de lutter, dans un souci de mettre en valeur l\u2019opini\u00e2tret\u00e9 de ces militants qui ont contribu\u00e9 \u00e0 modifier l\u2019ordre \u00e9tabli en bravant les interdits. Parfois tr\u00e8s connus, tels Gandhi, S\u0153ur Emmanuelle, Mandela ou Malala, parfois &nbsp;moins, tels Franco Basaglia (psychiatre italien qui s\u2019est battu pour la fermeture des h\u00f4pitaux psychiatriques) ou Leymah Gbowee (militante pacifiste lib\u00e9rienne), tous ces personnages sont pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 travers un portrait, puis un moment cl\u00e9 de leur action sous forme de bande dessin\u00e9e, avant que le devenir de leur cause ne soit \u00e9voqu\u00e9. Un documentaire attrayant, mettant en valeur des causes essentielles, loin d\u2019\u00eatre gagn\u00e9es pour bon nombre d\u2019entre elles.<\/p>\n\n\n\n<h3><strong><em>\u00c9COLOGIE &#8211; 40 militants engag\u00e9s pour la plan\u00e8te<\/em><\/strong><strong>, \u00c9lisabeth Combres, illustrations de V\u00e9ronique Joffre, BAM !, Gallimard Jeunesse, 2019.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"231\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/03_Ecologie-150x231.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6318\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Fid\u00e8le au principe de la collection (pr\u00e9sent\u00e9e dans Coups de c\u0153ur <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=3652\" target=\"_blank\">automne-Hiver 2017<\/a>) qui consiste \u00e0 brosser de fa\u00e7on claire et ludique le portrait de personnalit\u00e9s ayant marqu\u00e9 un domaine pr\u00e9cis, cet ouvrage met en valeur de fa\u00e7on chronologique 40 personnalit\u00e9s engag\u00e9es dans le combat pour la d\u00e9fense de la plan\u00e8te. De Thoreau \u00e0 Greta Thunberg (dont le portrait stylis\u00e9 illustre la couverture), quels que soient leur pays d\u2019origine ou leur profession, ces femmes et ces hommes ont lutt\u00e9, luttent encore pour le respect de notre environnement et ont contribu\u00e9 \u00e0 \u00e9veiller les consciences. On retrouve par exemple Wangari Maathai, biologiste et femme politique&nbsp; k\u00e9nyane surnomm\u00e9e \u00ab La m\u00e8re des arbres \u00bb dont l\u2019ic\u00f4ne figure en 4<sup>e<\/sup> de couverture, ainsi que Paul Watson, \u00ab&nbsp;L\u2019\u00e9colo pirate&nbsp;\u00bb, tous deux  d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9s dans l\u2019ouvrage pr\u00e9c\u00e9dent. Une premi\u00e8re approche synth\u00e9tique de l\u2019\u00e9cologie, \u00e0 destination de tous.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 signaler \u00e9galement dans la m\u00eame collection, <em>ART &#8211; 40 grands peintres<\/em>, B\u00e9atrice Fontanel, illustrations de Matteo Berton, 2019,<strong> <\/strong>dans lequel ne figurent que quatre peintres femmes !<br>On se consolera en lisant ensuite <em>FEMMES &#8211; 40 combattantes pour l\u2019\u00e9galit\u00e9<\/em>, Isabelle Motrot, illustrations de V\u00e9ronique Joffre, 2018<strong> <\/strong>o\u00f9 l\u2019on retrouvera Olympe de Gouges, Simone Weil, Malala, Angela Davis ou Jane Godall, \u00e9voqu\u00e9es plus haut dans <em>Les Combattants.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-container-3 wp-block-columns\">\n<div class=\"wp-container-1 wp-block-column\">\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-thumbnail\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"231\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/04_40-grands-peintres-150x231.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6319\"\/><\/figure><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-container-2 wp-block-column\">\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-thumbnail\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"231\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/05_40-combattantes-150x231.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6320\"\/><\/figure><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3><strong><em>Histoires d\u2019une nation<\/em><\/strong><strong>, Fran\u00e7oise Davisse, Carl Aderhold, C\u00e9cile Jugla, illustrations d&rsquo;Anne-H\u00e9l\u00e8ne Dubray, Nathan, 2019.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"231\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/06_histoire-dune-nation-150x231.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6321\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>\u00c9dit\u00e9 en lien avec la s\u00e9rie documentaire t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e du m\u00eame nom (disponible en DVD), cet album met en valeur la France en tant que terre d\u2019immigration : 25 % de la population fran\u00e7aise a au moins un grand parent venu d\u2019une autre contr\u00e9e. Apr\u00e8s une courte introduction, l\u2019ouvrage est d\u00e9coup\u00e9 en quatre p\u00e9riodes (1870-1927 ; 1927-1954 ; 1954-1975 ; 1975-2005) dont les caract\u00e9ristiques sont \u00e9voqu\u00e9es sur une double page &nbsp;et se termine par une chronologie de faits historiques ainsi qu\u2019une bibliographie jeunesse qui permettront d\u2019aller plus loin. On apprendra ainsi qu\u2019en 1924, la France est le premier pays d\u2019immigration au monde : en 1927 les d\u00e9put\u00e9s adoptent une loi tr\u00e8s lib\u00e9rale sur la nationalit\u00e9 et en une dizaine d\u2019ann\u00e9es, pr\u00e8s d\u2019un million d\u2019immigr\u00e9s deviendront fran\u00e7ais. En 1931, on comptait 3 millions d\u2019\u00e9trangers, soit 7% de la population. Inutile de pr\u00e9ciser que la situation a bien chang\u00e9 : en 1974, lors du premier choc p\u00e9trolier, les fronti\u00e8res se ferment et ne rouvriront jamais\u2026 Malgr\u00e9 quelques avanc\u00e9es (r\u00e9gularisation de 140 000 sans papiers en 1981 ou extension de la validit\u00e9 de la carte de s\u00e9jour en 1984), les lois vot\u00e9es seront de plus en plus dures et restrictives. Cinquante personnes, dont les parents ou grands-parents viennent des quatre coins du monde, racontent leur histoire familiale sur la page de gauche ; la page de droite, agr\u00e9ment\u00e9e de couleurs vives et d\u2019illustrations signifiantes, montre la photo de chaque personne et parfois celles extraites d\u2019archives familiales, cite des paroles qui leur tiennent \u00e0 c\u0153ur et propose un bref encart biographique. Qu\u2019ils proviennent de personnes connues ou moins, tous ces t\u00e9moignages racontent comment les histoires individuelles de gens d\u2019origines tr\u00e8s diverses s\u2019inscrivent dans celle d\u2019une nation m\u00e9tiss\u00e9e. Aurait \u00e9videmment toute sa place dans le r\u00e9seau \u00ab Exils et migrations \u00bb (num\u00e9ros <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=5065\" target=\"_blank\">68<\/a> et <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=5342\" target=\"_blank\">69<\/a> (2018) de <em>Recherches<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<h2 id=\"actu\">Coups de c\u0153ur actualit\u00e9s<\/h2>\n\n\n\n<h3><strong><em>Le Si Petit Roi<\/em><\/strong><strong>, Alice Bri\u00e8re-Haquet, illustrations de Julie Guillem, HongFei, 2019.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"231\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/07_Le-si-petit-roi-150x231.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6322\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p> Il s\u2019agit d\u2019un album, qui rejoint ma s\u00e9lection <a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/177-187_R65_Vlieghe.pdf\">d\u2019albums \u00ab&nbsp;coups de c\u0153ur&nbsp;\u00bb<\/a>, initi\u00e9e dans le num\u00e9ro 65 de <em>Recherches <\/em>(2016) et enrichie dans des chroniques ult\u00e9rieures. Ce serait faire injure \u00e0 cet ouvrage magnifique que d\u2019en rendre compte par le biais d\u2019un texte plus prosa\u00efque et plus long que celui de l\u2019auteure, si po\u00e9tique, si concis qu\u2019il en est r\u00e9duit \u00e0 sa substantifique moelle ! Au petit roi de la couverture, levant les yeux vers le ciel correspond, \u00e0 la derni\u00e8re page, l\u2019image de sa fille&nbsp;: m\u00eame position, m\u00eame regard, au moment o\u00f9, comme lui, si jeune et sans exp\u00e9rience, elle se doit de reprendre le flambeau. De nouveau, le cycle d\u2019une vie s\u2019ach\u00e8ve, une le\u00e7on de sagesse vient d\u2019\u00eatre d\u00e9livr\u00e9e : face au temps qui passe, il faut vivre l\u2019instant pr\u00e9sent, car une vie enti\u00e8re ne suffit pas pour acqu\u00e9rir le savoir n\u00e9cessaire afin de r\u00e9gner. Les images omnipr\u00e9sentes, aux coloris doux et d\u00e9licats, illustrent et compl\u00e8tent efficacement ce conte philosophique qui s\u00e9duira petits et grands.<\/p>\n\n\n\n<h3 id=\"camille\"><strong><em>Je suis Camille<\/em><\/strong><strong>, Jean-Loup Felicioli, Syros, 2019.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"231\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/08_je-suis-camille-150x231.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6323\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Autre album sur un tout autre sujet<em>, Je suis Camille<\/em>, donne la parole \u00e0 une fille n\u00e9e dans un corps de gar\u00e7on. La narratrice vient d\u2019arriver de Los Angeles avec sa famille. Par petites touches, elle fait allusion aux difficult\u00e9s rencontr\u00e9es dans son ancienne \u00e9cole, \u00e0 l\u2019amour dont ses parents et sa petite s\u0153ur Lila l\u2019entourent, malgr\u00e9 sa diff\u00e9rence. Pourtant Camille n\u2019aspire qu\u2019\u00e0 vivre simplement comme elle se sent et surtout \u00e0 rencontrer des ami\u00b7e\u00b7s. Cela semble \u00eatre le cas : Zo\u00e9 et elle se lient tr\u00e8s vite, r\u00e9unies par leur passion musicale. Une fois mise au courant du secret de Camille, Zo\u00e9 ne la rejette pas et jure de garder le silence. Mais elle craque lorsqu\u2019elle surprend R\u00e9mi, le gar\u00e7on dont elle est amoureuse, en train d\u2019embrasser Camille. Honteuse et bless\u00e9e, cette derni\u00e8re voit ressurgir ses pires cauchemars, dont elle envisage un instant de se d\u00e9livrer\u2026 Le chemin qu\u2019elle a choisi sera sans doute long et difficile (tout comme celui d\u2019Amanda ou de Jo ci-dessous), mais l\u2019amiti\u00e9 retrouv\u00e9e, le soutien d\u2019une famille aimante, de professionnels comp\u00e9tents et \u00e0 l\u2019\u00e9coute renforcent en elle la certitude qu\u2019elle pourra se construire une vie riche et forte. L\u2019auteur laisse habilement planer le doute sur ce qui pr\u00e9occupe tant Camille, sa transidentit\u00e9 n\u2019\u00e9tant r\u00e9v\u00e9l\u00e9e qu\u2019en milieu d\u2019ouvrage, m\u00eame si la 4<sup>e<\/sup> de couverture la d\u00e9voile sans ambig\u00fcit\u00e9\u2026 Le grand format de cet album autorise de nombreuses illustrations pleine page aux couleurs chatoyantes mettant en sc\u00e8ne Camille dans sa vie de tous les jours. Cette publication, ainsi que d\u2019autres sur lesquelles je reviendrai prochainement et \u00e0 l\u2019instar du documentaire \u00e9voqu\u00e9 plus haut, prouve que ce sujet \u00e9merge peu \u00e0 peu au sein de la litt\u00e9rature pour la jeunesse : on ne peut que s\u2019en r\u00e9jouir !<\/p>\n\n\n\n<h3><strong><em>It<\/em><\/strong><strong>, Catherine Grive, Scripto, Gallimard, 2019.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"231\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/09_it-150x231.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6324\" srcset=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/09_it-150x231.jpg 150w, https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/09_it-300x462.jpg 300w, https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/09_it-1024x1577.jpg 1024w, https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/09_it-998x1536.jpg 998w, https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/09_it-1331x2048.jpg 1331w, https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/09_it-1320x2031.jpg 1320w, https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/09_it.jpg 1535w\" sizes=\"(max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Depuis toujours, on dit de Jos\u00e9phine qu\u2019elle est un \u00ab gar\u00e7on manqu\u00e9 \u00bb, pourquoi pas une&nbsp; \u00ab fille rat\u00e9e \u00bb tant qu\u2019on y est, puisque visiblement, elle n\u2019est pas une \u00ab fille r\u00e9ussie \u00bb ?! Jo, que ses camarades ont surnomm\u00e9e \u00ab It \u00bb en r\u00e9f\u00e9rence au pronom neutre anglais, a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 enfouir profond\u00e9ment ses doutes ; mais un \u00e9v\u00e8nement perturbant va d\u00e9clencher un questionnement intense chez cette ado de 14 ans, passionn\u00e9e de dessin, et elle s\u2019avoue enfin qu\u2019elle s\u2019est toujours sentie gar\u00e7on. D\u00e8s l\u2019\u00e9cole primaire, on l\u2019a exclue, puis carr\u00e9ment rejet\u00e9e au coll\u00e8ge, o\u00f9 elle n\u2019a d\u00fb une pseudoamiti\u00e9 temporaire de la part de ses camarades qu\u2019\u00e0 la fourniture de cigarettes ! Ses parents semblent ignorer le probl\u00e8me et restent dans le d\u00e9ni, m\u00eame quand l\u2019entourage ou Jo abordent le sujet. Se croyant responsable de l\u2019incendie qui a ravag\u00e9 une partie de leur immeuble, Jo ressent une intense culpabilit\u00e9 dont il faut comprendre qu\u2019elle est r\u00e9v\u00e9latrice de ses interrogations sur son identit\u00e9. Oblig\u00e9e d\u2019aller vivre chez des voisins, puis \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, la famille est chamboul\u00e9e, Jo perd ses rep\u00e8res et se demande alors qui&nbsp; elle est vraiment : m\u00eame si sa r\u00e9flexion n\u2019en est qu\u2019\u00e0 ses d\u00e9buts \u00e0 la fin du livre, un pas important est n\u00e9anmoins franchi puisqu\u2019elle informe ses camarades qu\u2019elle est un gar\u00e7on : elle parle d\u00e9sormais d\u2019elle au masculin, ind\u00e9pendamment des d\u00e9cisions qu\u2019il lui faudra peut-\u00eatre prendre plus tard, en toute intimit\u00e9 et dans une solitude absolue\u2026 Un roman facile \u00e0 lire d\u00e8s le coll\u00e8ge, abordant d\u00e9licatement, sans didactisme ni langue de bois, le questionnement d\u2019une ado mal dans son genre qui trouve la force de le dire \u00e0 tout son entourage. L\u2019auteure a d\u00e9j\u00e0 abord\u00e9 le sujet en 2016 dans <em>Je suis qui je suis<\/em> publi\u00e9 dans la collection \u00ab&nbsp;Doado&nbsp;\u00bb aux \u00e9ditions du Rouergue.<\/p>\n\n\n\n<h3><strong><em>Celle dont j\u2019ai toujours r\u00eav\u00e9, <\/em><\/strong><strong>Meredith Russo, traduit de l\u2019am\u00e9ricain par No\u00e9mie Saint Gal, PKJ, 2017.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"231\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/10_celle-dont-jai-toujours-r\u00eav\u00e9-150x231.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6325\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Destin\u00e9 aux plus \u00e2g\u00e9s, ce roman donne la parole \u00e0 Amanda Hardy, lyc\u00e9enne am\u00e9ricaine qui arrive en terminale dans un nouvel \u00e9tablissement. Elle vient de quitter sa m\u00e8re avec laquelle elle vit seule depuis six ans pour rejoindre son p\u00e8re install\u00e9 dans un autre \u00e9tat du Sud, afin d\u2019\u00e9chapper \u00e0 de nouvelles pers\u00e9cutions. En effet, depuis son plus jeune \u00e2ge, Andrew s\u2019est toujours senti fille et n\u2019a jamais vraiment cherch\u00e9 \u00e0 le cacher. Ses camarades le moquent et le maltraitent, son p\u00e8re refuse d\u2019admettre la r\u00e9alit\u00e9, cherchant \u00e0 le rendre plus viril. Sa m\u00e8re, bien que perturb\u00e9e, se montre plus tol\u00e9rante, jusqu\u2019\u00e0 la dispute de trop et \u00e0 la s\u00e9paration. Le long et douloureux parcours d\u2019Andrew devenu Amanda suite \u00e0 la prise d\u2019hormones, \u00e0 l\u2019op\u00e9ration et \u00e0 leurs cons\u00e9quences est \u00e9voqu\u00e9 progressivement, par petites touches, sous forme de retours en arri\u00e8re non chronologiques permettant au lecteur de mesurer le courage et l\u2019opini\u00e2tret\u00e9 de la narratrice, et de comprendre pourquoi elle reste si m\u00e9fiante alors qu\u2019elle n\u2019aspire qu\u2019\u00e0 vivre normalement avec ses ami\u00b7e\u00b7s. Amanda renoue tout doucement avec son p\u00e8re, bourru et maladroit mais aimant et conscient du tort que son intol\u00e9rance lui a caus\u00e9 ; elle se lie d\u2019amiti\u00e9 avec Layla, Chlo\u00e9, Anna et Bee et devient populaire au lyc\u00e9e. Toujours sur ses gardes cependant, elle n\u2019est pas pr\u00eate \u00e0 livrer son secret alors que sa relation amoureuse avec Grant \u00e9volue rapidement. De nouveaux \u00e9v\u00e8nements dramatiques lui feront prendre conscience qu\u2019elle a le droit de vivre et d\u2019exister telle qu\u2019elle est et qu\u2019elle m\u00e9rite d\u2019\u00eatre aim\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9dig\u00e9 par une auteure elle-m\u00eame trans, comme \u00e9voqu\u00e9 en fin d\u2019ouvrage, il s\u2019agit d\u2019un roman et non d\u2019une autobiographie. L\u2019histoire d\u2019Amanda est celle d\u2019un parcours possible : ses choix (op\u00e9ration, traitement, n\u2019aimant que les gar\u00e7ons) et son apparence tr\u00e8s f\u00e9minine lui sont propres et ne sont en aucun cas g\u00e9n\u00e9ralisables ; en revanche le ressenti d\u2019une identit\u00e9 diff\u00e9rente de celle octroy\u00e9e \u00e0 la naissance et les \u00e9preuves travers\u00e9es correspondent bien au v\u00e9cu de nombreuses personnes transgenres. Maltrait\u00e9\u00b7e\u00b7s moralement et physiquement en raison de l\u2019intol\u00e9rance des adultes et des jeunes, du poids de la religion, ces adolescent\u00b7e\u00b7s \u00ab diff\u00e9rent\u00b7e\u00b7s \u00bb, sombrent dans la d\u00e9testation d\u2019eux-m\u00eames, le d\u00e9sespoir et ne trouvent souvent d\u2019issue que dans le suicide.<\/p>\n\n\n\n<h3><strong><em>Mon \u00c9den<\/em><\/strong><strong>, H\u00e9l\u00e8ne Duvar, \u00ab&nbsp;Rester vivant&nbsp;\u00bb, Le muscadier, 2019.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"231\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/11_Mon-\u00c9den-150x231.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6326\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Comment survivre au suicide de sa jumelle, telle est la question qui hante Erwan, le narrateur \u00e2g\u00e9 de 16 ans. Ils \u00e9taient extr\u00eamement proches, pourtant il n\u2019a rien vu venir\u2026 Le jeune homme rumine sa col\u00e8re et sa d\u00e9tresse ; rong\u00e9 de culpabilit\u00e9, il cherche \u00e0 comprendre les raisons d\u2019un geste que lui-m\u00eame est tent\u00e9 de commettre et rejette en bloc ses parents, le psy ainsi que ses amis Lucas et J\u00e9r\u00e9my. Repli\u00e9 sur lui-m\u00eame, Erwan hurle sa souffrance tout en ressassant le pass\u00e9. La d\u00e9couverte du journal intime d\u2019\u00c9den lui permet cependant d&rsquo;approcher l\u2019intimit\u00e9 et les secrets de sa s\u0153ur. Ce journal inachev\u00e9, loin de livrer toutes les raisons du geste d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 de sa jumelle, lui laisse n\u00e9anmoins entrevoir les tourments \u00e9prouv\u00e9s par la jeune fille : les sentiments amoureux non partag\u00e9s, les humiliations, la d\u00e9prime, l\u2019isolement, les pseudoamis, l\u2019impression de se d\u00e9truire\u2026 Il faudra du temps \u00e0 Erwan pour accepter l\u2019amiti\u00e9, voire l\u2019amour, de Myl\u00e8ne, qui l\u2019aidera \u00e0 se reconstruire ; cinq ans plus tard, un ton plus serein t\u00e9moigne du chemin parcouru, mais celui-ci est \u00e9maill\u00e9 de ruptures : avec le lyc\u00e9e, avec la ville de sa jeunesse et m\u00eame avec celle qui l\u2019a tant soutenu. Il accepte de continuer \u00e0 vivre m\u00eame s\u2019il n\u2019est pas vraiment remis\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9dig\u00e9 par une enseignante connaissant bien les jeunes, ce roman sonne juste ; il aborde un sujet combien douloureux \u00e0 travers les r\u00e9actions exacerb\u00e9es d\u2019un adolescent qui, en perdant sa jumelle, a perdu une partie de lui-m\u00eame. L\u2019\u00e9criture suit au plus pr\u00e8s l\u2019\u00e9volution d\u2019Erwan, de la boule de souffrance incapable de surmonter son deuil au jeune adulte capable d\u2019envisager un avenir apais\u00e9 ; la narration \u00e0 la premi\u00e8re personne est entrecoup\u00e9e par les lectures d\u2019Erwan : le journal d\u2019\u00c9den ainsi que des extraits de sites qu\u2019il consulte r\u00e9guli\u00e8rement, d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la pr\u00e9vention du suicide ou aux jumeaux. La collection, destin\u00e9e aux adolescents, accueille des romans ou des nouvelles dont les sujets, ancr\u00e9s dans la r\u00e9alit\u00e9 actuelle, devraient les attirer et les aider \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir.<\/p>\n\n\n\n<h3><strong><em>Sans foi ni loi<\/em><\/strong><strong>, Marion Brunet, PKJ, 2019.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"231\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/12_sans-foi-ni-loi-150x231.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6327\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Lorsque Garrett Blake voit Abigail Stenson pour la premi\u00e8re fois, il pense que c\u2019est un homme, tellement elle a l\u2019allure et l\u2019attitude des pionniers de l\u2019Ouest am\u00e9ricain ; en fait elle vient,  pour assurer l\u2019avenir de sa petite fille Pearl, de braquer une banque et de tuer un homme ; c\u2019est une hors-la-loi, qui sera pourchass\u00e9e par le sh\u00e9rif et un chasseur de primes. Elle prend en otage l\u2019adolescent de 16 ans et l\u2019emm\u00e8ne vers le Wyoming. Fils d\u2019un pasteur rigide et violent, qui \u00e9l\u00e8ve seul et \u00e0 la dure une famille nombreuse depuis la mort de sa femme, Garrett maltrait\u00e9 est d\u00e9figur\u00e9, timide et peu s\u00fbr de lui ; il ignore, au moment de son enl\u00e8vement, que sa vie va radicalement changer gr\u00e2ce \u00e0 cette jeune femme qui a \u00e9rig\u00e9 la libert\u00e9 en valeur absolue, quitte \u00e0 payer le prix fort. R\u00e9dig\u00e9 \u00e0 la premi\u00e8re personne, entrecoup\u00e9 de retours en arri\u00e8re, le r\u00e9cit de Garrett est celui d\u2019une initiation dans une atmosph\u00e8re de western : nous sommes en 1920, Garrett partage la vie d\u2019Ab au sein d\u2019un bordel o\u00f9 officie, entre autres, Jenny, dont il tombe amoureux. La jeune danseuse, orpheline recueillie par Ab, a le m\u00eame \u00e2ge que lui et s\u2019occupe de Pearl lorsque sa m\u00e8re est en vadrouille. Il y fait l\u2019apprentissage de l\u2019amiti\u00e9 mais \u00e9galement de la mis\u00e8re, des bagarres violentes, de l\u2019injustice, du racisme et d\u00e9couvre les diff\u00e9rentes facettes de sa ravisseuse \u00e0 laquelle&nbsp; la soci\u00e9t\u00e9 machiste de l\u2019\u00e9poque ne pardonnera pas de savoir manier une arme et de vivre comme un homme. Des chapitres courts, une \u00e9criture nerveuse, tr\u00e8s visuelle, contribuent \u00e0 rendre passionnant ce roman original brossant, \u00e0 travers ses souvenirs, l\u2019\u00e9volution de Garrett, mais \u00e9galement le portrait d\u2019une femme hors norme, nouvelle Calamity Jane, que l\u2019adolescent aime et admire. J\u2019ai d\u00e9couvert ce livre avant qu\u2019il ne re\u00e7oive la p\u00e9pite d\u2019or du salon de Montreuil, r\u00e9compense amplement m\u00e9rit\u00e9e \u00e0 mes yeux. J\u2019esp\u00e8re qu\u2019il paraitra tr\u00e8s rapidement en poche, ce qui facilitera sa diffusion dans les classes.<\/p>\n\n\n\n<h2 id=\"nouv\">Nouveaut\u00e9s en mati\u00e8re d\u2019\u00e9dition et de collections<\/h2>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9sent\u00e9e dans les coups de c\u0153ur <a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=5142\" target=\"_blank\">printemps-\u00e9t\u00e9 2018<\/a>, la collection Philophile ! dirig\u00e9e par Claire Marin et illustr\u00e9e par les dessins d\u2019Alfred, continue son programme de parution. Citons, parmi les plus r\u00e9cents :&nbsp;<strong> <\/strong><em>Qui suis-je pour de vrai&nbsp;?<\/em><strong> <\/strong>de Philippe Cabestan, <em>C\u2019est pour ton bien ! \u00c9duquer ou soumettre ?<\/em> de Benjamin Delmotte ou <em>Que nous apprend l\u2019exp\u00e9rience&nbsp;?<\/em> de Carole Widmaier, Giboul\u00e9es, Gallimard, 2019.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/philophile.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6359\" width=\"451\" height=\"209\" srcset=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/philophile.jpg 589w, https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/philophile-300x139.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 451px) 100vw, 451px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h2 id=\"reseaux\">Des nouvelles de r\u00e9seaux d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent\u00e9s<\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"has-text-align-center\" id=\"1418\"><a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/221-234_R60_Vlieghe.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em><strong><span style=\"color: #ca3a08;\">Guerre 14-18<\/span><\/strong><\/em><\/a><\/h4>\n\n\n\n<h3><strong><em>Guerriers de l\u2019enfer<\/em><\/strong><strong>, J. Patrick Lewis, illustrations de Gary Kelley, traduit de l\u2019anglais par Fenn Troller, Les \u00e9ditions des \u00c9l\u00e9phants, 2019.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"231\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/16_Guerriers-150x231.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-6304\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le sous-titre \u00ab Ils sont venus de Harlem se battre \u00e0 nos c\u00f4t\u00e9s \u00bb \u00e9voque les 350 000 soldats noirs am\u00e9ricains venus combattre en France \u00e0 compter d\u2019avril 1917. Cet album rend hommage \u00e0 l\u2019une de ces unit\u00e9s, mobilis\u00e9e sous le nom de 15<sup>e<\/sup> r\u00e9giment de la Garde nationale de New York et rebaptis\u00e9e 369<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d\u2019infanterie am\u00e9ricaine. R\u00e9put\u00e9s pour leur t\u00e9nacit\u00e9, ces hommes braves et courageux seront surnomm\u00e9s \u00ab&nbsp;Les Harlem Hellfighters&nbsp;\u00bb (guerriers de l\u2019enfer venus de Harlem) par les Allemands. Sur 2000 engag\u00e9s, seuls 500 reviendront. Qui \u00e9taient-ils&nbsp;? Les laiss\u00e9s-pour-compte de l\u2019Am\u00e9rique blanche bien-pensante, r\u00e9pondant avec enthousiasme \u00e0 l\u2019appel du charismatique chef d\u2019orchestre James \u00ab&nbsp;Big Jim&nbsp;\u00bb Reese Europe. Non contents de se battre, ils allaient faire connaitre le jazz aux Europ\u00e9ens et aider leurs compatriotes \u00e0 tenir le coup.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9dig\u00e9 dans une langue claire et po\u00e9tique, illustr\u00e9 \u00e0 la mine de plomb et crayons de couleur, cet ouvrage \u00e9mouvant se situe \u00e0 mi-chemin entre l\u2019album et la bande dessin\u00e9e, car les vignettes de diff\u00e9rentes tailles ne comportent aucun texte : celui-ci figure dans des encarts, dont certains comportent un titre et une date marquante. \u00c9voquant &nbsp;la contradiction d\u2019un pays qui envoie des hommes courageux d\u00e9fendre l\u2019Europe pendant que leurs fr\u00e8res de couleur continuent d\u2019\u00eatre maltrait\u00e9s et ex\u00e9cut\u00e9s chez eux, il int\u00e9ressera les adolescents comme les adultes.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"has-text-align-center\" id=\"ano\"><a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/171-184-Vlieghe.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em><strong><span style=\"color: #ca3a08;\">Anorexie<\/span><\/strong><\/em><\/a><\/h4>\n\n\n\n<h3><strong><em>La peau de mon tambour<\/em><\/strong><strong>, Marie Sellier, Roman, <\/strong><strong>Editions Thierry Magnier, 2018.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"231\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/17_la-peau-de-mon-tambour-150x231.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6305\" srcset=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/17_la-peau-de-mon-tambour-150x231.jpg 150w, https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/17_la-peau-de-mon-tambour-176x270.jpg 176w\" sizes=\"(max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Comment survivre au sein d\u2019une famille dysfonctionnelle&nbsp;? C\u2019est le probl\u00e8me de Zo\u00e9, une adolescente confront\u00e9e \u00e0 la folie de sa m\u00e8re, \u00e0 l\u2019hyst\u00e9rie de Grandma, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019absent\u00e9isme de son p\u00e8re. Ain\u00e9e d\u2019une fratrie de quatre, elle subit&nbsp; rebuffades et humiliations, voire les coups d\u2019une m\u00e8re ravag\u00e9e et suicidaire, dont elle d\u00e9couvre qu\u2019elle a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 intern\u00e9e durant une ann\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e2ge de vingt ans. Seule sa grand-m\u00e8re paternelle, Bonny, lui apporte bonheur et r\u00e9confort. Mais Zo\u00e9 est parvenue au point de rupture. Elle est de plus en plus consciente du d\u00e9sordre familial ambiant et ce qui l\u2019aidait \u00e0 tenir s\u2019effrite ; les \u00e9t\u00e9s au bord de la mer chez Bonny et les retrouvailles avec son cousin No\u00e9 perdent leur saveur. Consciente que sa m\u00e8re a souffert de l\u2019attitude de sa propre m\u00e8re, inconsolable depuis la mort pr\u00e9matur\u00e9e de son fils Auguste, elle finit par se demander si c\u2019est une fatalit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 la lign\u00e9e maternelle qui risque de l\u2019atteindre \u00e0 son tour. Revenue au lyc\u00e9e, elle se met \u00e0 d\u00e9tester ses rondeurs et se fustige de se consoler en mangeant. Elle d\u00e9cide donc d\u2019abandonner son corps, ne se nourrissant plus et se faisant vomir. Ses parents mettent un temps fou \u00e0 se rendre compte qu\u2019elle est devenue anorexique. N\u00e9anmoins, elle s\u2019est li\u00e9e d\u2019amiti\u00e9 avec Klara, issue d\u2019une famille saine et aimante, dont la m\u00e8re, Romy, psychologue, r\u00e9ussit \u00e0 gagner sa confiance. Les deux jeunes filles passent des vacances en Hollande aupr\u00e8s de Susan, la tante de Klara, une artiste pleine de vie malgr\u00e9 son handicap. D\u2019un \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019autre, Zo\u00e9 sombre puis, r\u00e9siliente, reprend le dessus. Elle comprend que sa m\u00e8re, jamais d\u00e9sign\u00e9e autrement que par \u00ab&nbsp;Elle&nbsp;\u00bb et son oncle Ludo ont p\u00e2ti du deuil jamais fait de Grandma&nbsp;: ce sont des victimes.<\/p>\n\n\n\n<p>La gravit\u00e9 des propos, m\u00eame s\u2019ils sont teint\u00e9s de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, voire d\u2019humour, invite \u00e0 r\u00e9server cet ouvrage aux lyc\u00e9ens ou aux plus murs des coll\u00e9giens. Utilisant une langue soutenue, imag\u00e9e, ce roman pr\u00e9sente en outre la particularit\u00e9 d\u2019\u00eatre r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 la deuxi\u00e8me personne du singulier : j\u2019ai d\u2019abord pens\u00e9 que la narratrice Zo\u00e9 s\u2019adressait \u00e0 elle-m\u00eame, essayant de prendre du recul et analysant, de fa\u00e7on juste et mature, les \u00e9v\u00e8nements v\u00e9cus et les sentiments \u00e9prouv\u00e9s ; m\u00eame si cette hypoth\u00e8se ne me parait pas exclue, elle est balay\u00e9e par l\u2019auteure qui, lors d\u2019un entretien, indique que ce \u00ab tu \u00bb la d\u00e9signe, elle, en tant que narratrice adulte, s\u2019adressant \u00e0 Zo\u00e9, ce qui met, dit-elle, \u00ab&nbsp;de la distance, un petit peu d\u2019air&nbsp;\u00bb, et j\u2019ajouterai : permet d&rsquo;admettre qu\u2019une adolescente ait autant de clairvoyance vis-\u00e0-vis de son v\u00e9cu ainsi que &nbsp;les \u00ab mots pour le dire&nbsp;\u00bb. Dont acte !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"has-text-align-center\" id=\"migr\"><a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=5065\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em><strong><span style=\"color: #ca3a08;\">Exils et migrations<\/span><\/strong><\/em><\/a><\/h4>\n\n\n\n<h3><strong><em>Quelqu\u2019un m\u2019attend derri\u00e8re la neige<\/em><\/strong><strong>, Timoth\u00e9e de Fombelle, illustrations de Thomas Campi, Gallimard Jeunesse, 2019.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"148\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/18_qqn-e1580128911798.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6351\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Du m\u00eame format carr\u00e9 que <em>Capitaine Rosalie<\/em> (<a rel=\"noopener noreferrer\" href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=6000http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=6000\" target=\"_blank\">coups de c\u0153ur printemps-\u00e9t\u00e9 2019<\/a>), ce nouvel opus de l\u2019auteur, pr\u00e9sent\u00e9 par l\u2019\u00e9diteur comme \u00ab un conte de No\u00ebl contemporain \u00bb, fait se croiser trois personnages isol\u00e9s durant la nuit de No\u00ebl. Gloria, une hirondelle, particuli\u00e8rement robuste et chanceuse, puisqu\u2019\u00e2g\u00e9e de seize ans, vole \u00e0 contrecourant vers le Nord au lieu de rester au chaud comme ses cong\u00e9n\u00e8res. Il faut dire qu\u2019\u00e0 la diff\u00e9rence des autres oiseaux migrateurs, Gloria se pr\u00e9occupe de ce qu\u2019il se passe sur terre, chez les humains, depuis qu\u2019un petit Congolais manchot de 10 ans a pris soin d\u2019elle durant une nuit de No\u00ebl : il lui a sauv\u00e9 la vie et donn\u00e9 un nom. Gloria ne l\u2019a jamais oubli\u00e9\u2026 Cette m\u00eame nuit, Freddy d\u2019Angelo, chauffeur depuis 37 ans pour l\u2019entreprise Gelati Pepino &amp; Schultz, conduit son petit camion frigorifique jaune vers l\u2019Angleterre. Mais la livraison est annul\u00e9e : il lui faut regagner sa maison et passer le r\u00e9veillon dans la solitude. Le passager imaginaire que Freddy s\u2019invente souvent pour ne pas oublier qu\u2019il sait parler pourrait finalement bien se trouver dans son camion\u2026 Gloria, quant \u00e0 elle, vole vers son destin : l\u2019hirondelle sera le trait d\u2019union entre un jeune migrant (devinez lequel) tentant de passer en Angleterre et un chauffeur d\u00e9sabus\u00e9 crevant de solitude. Un tr\u00e8s beau r\u00e9cit, \u00e9voquant de fa\u00e7on po\u00e9tique une r\u00e9alit\u00e9 tr\u00e8s contemporaine : le lecteur se prend \u00e0 esp\u00e9rer que de tels miracles se produisent plus souvent et pas seulement durant la nuit de No\u00ebl. Chaque illustration, dans les tons ocres et bleut\u00e9s, repr\u00e9sente un petit tableau venant rehausser la signification symbolique de ce&nbsp; conte engag\u00e9 au sens o\u00f9 il nous parle de ce qu\u2019il y a \u00e0 sauver dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<h3><strong><em>La Nouvelle<\/em><\/strong><strong>, Cassandra O\u2019Donnell,<\/strong> <strong>Flammarion Jeunesse, 2019.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"231\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/19_La-nouvelle-150x231.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6307\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Effervescence au coll\u00e8ge de Plougalec : une nouvelle \u00e9l\u00e8ve est arriv\u00e9e ; elle se nomme Haya. Ses parents, Amin et&nbsp; Sherine, sa petite s\u0153ur Nour et elle arrivent de Syrie apr\u00e8s \u00eatre pass\u00e9s par un camp en Gr\u00e8ce. Un coll\u00e8gue fran\u00e7ais, m\u00e9decin et ami, leur a pr\u00eat\u00e9 sa r\u00e9sidence secondaire. Si Th\u00e9o se montre un peu distant, il se range vite du c\u00f4t\u00e9 de son copain Gabriel qui se lie tr\u00e8s vite d\u2019amiti\u00e9 avec la jeune fille. D\u2019abord r\u00e9serv\u00e9e et m\u00e9fiante, Haya, encore tr\u00e8s traumatis\u00e9e par la guerre et leur fuite, s\u2019ouvre peu \u00e0 peu, faisant rapidement des progr\u00e8s. Mais certains \u00e9l\u00e8ves, tels Lucas et Erwan, lui sont hostiles et la harc\u00e8lent. Elle en a vu d\u2019autres, mais Gabriel tient absolument \u00e0 la prot\u00e9ger ! Un petit roman \u00e9mouvant, abordable d\u00e8s la fin de l&rsquo;\u00e9cole primaire, qui, sans s\u2019appesantir sur la complexit\u00e9 de la situation syrienne, \u00e9voque cependant par petites touches le calvaire des r\u00e9fugi\u00e9s ayant fui leur pays et devant reconstruire une nouvelle vie. L\u2019arriv\u00e9e de cette famille \u00e9trang\u00e8re dans le village suscite des r\u00e9actions diverses et contradictoires ; elle sera l\u2019occasion pour Gabriel et son grand fr\u00e8re Mathias, qui ne s\u2019entendent pas, de d\u00e9couvrir le secret de leur grand-m\u00e8re Esther, r\u00e9fugi\u00e9e iranienne dont le pass\u00e9, profond\u00e9ment enfoui, ressurgit avec \u00e9motion.<\/p>\n\n\n\n<h3><strong><em>Ailleurs meilleur<\/em><\/strong><strong>, Sophie Adriansen, Nathan, 2019.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"231\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/20_ailleurs-meilleur-150x231.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6308\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Envoy\u00e9s au Burkina Faso aupr\u00e8s de leur grand-m\u00e8re pour fuir la guerre civile, Alassane, 15 ans et son petit fr\u00e8re Alpha reviennent en C\u00f4te d\u2019Ivoire \u00e0 la mort de leur p\u00e8re. Mais la famille se retrouve sans ressources, car les terres \u00e0 cultiver reviennent aux cinq enfants de la premi\u00e8re \u00e9pouse\u2026 Alors qu\u2019Alpha et sa m\u00e8re vont retourner au Burkina aupr\u00e8s de Mama, Alassane, rempli d\u2019espoir, d\u00e9cide de partir pour la France avec la b\u00e9n\u00e9diction et les recommandations de sa m\u00e8re. D\u00e9bute alors un parcours sem\u00e9 d\u2019embuches qui le conduira jusqu\u2019\u00e0 Lorient. \u00c9videmment, il lui faudra plusieurs mois et beaucoup de courage, de t\u00e9nacit\u00e9, d\u2019audace et de chance pour effectuer ce long voyage (retrac\u00e9 sur une carte en fin d\u2019ouvrage) de la corne de l\u2019Afrique jusqu\u2019\u00e0 la Bretagne, durant lequel il sera confront\u00e9 \u00e0 de multiples dangers. M\u00eame si la France l\u2019accueille en tant que mineur isol\u00e9 \u00e9tranger, pris en charge par le d\u00e9partement, il n\u2019est pas au bout des peines : il y a toujours des adultes pr\u00eats \u00e0 les exploiter, lui et ses semblables, tel cet h\u00f4telier pourtant pay\u00e9 pour les h\u00e9berger et les nourrir ; quand ce ne sont pas les autorit\u00e9s qui les accusent de mentir sur leur \u00e2ge : c\u2019est le cas de son ami centrafricain Figaro, oblig\u00e9 de fuir Lorient pour se cacher \u00e0 Nantes chez des Camerounais. R\u00e9dig\u00e9 \u00e0 la premi\u00e8re personne, au pr\u00e9sent, le texte, quasi documentaire, \u00e9vite le pathos ; malgr\u00e9 des r\u00e9alit\u00e9s parfois terribles (b\u00e9b\u00e9 noy\u00e9 rejet\u00e9 par la mer sur le rivage, migrants qu\u2019on frappe quand ils franchissent le triple mur de barbel\u00e9s \u00e0 Melilla \u2013 Figaro a ainsi perdu 14 dents), le ton reste serein, voire empreint d\u2019humour, notamment lorsque le narrateur cite des proverbes africains. Alassane reste toujours confiant et ne cherche qu\u2019\u00e0 apprendre, \u00e0 s\u2019int\u00e9grer. Il saisit toutes les mains qui se tendent, car heureusement il y en a ; d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 devenir cuisinier, il entre en apprentissage aupr\u00e8s de Gwendal, patron d\u2019une cr\u00eaperie, et se forme au Centre de formation des apprentis. Sans jamais oublier sa famille ni ses origines, il se tourne r\u00e9solument vers un avenir meilleur. L\u2019auteure s\u2019est inspir\u00e9e du parcours de deux jeunes migrants rencontr\u00e9s dans une librairie bretonne, soucieuse de donner \u00e0 voir l\u2019espoir immense qui les porte, le sien \u00e9tant que les choses changent. En fin d\u2019ouvrage, un dossier court mais pr\u00e9cis d\u00e9livre les informations essentielles pour comprendre les faits \u00e9voqu\u00e9s. Un livre abordable d\u00e8s le coll\u00e8ge, voire un peu plus t\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<h3>Quelques titres de films<\/h3>\n\n\n\n<h4><strong><em>&nbsp;Nulle part en France<\/em><\/strong><strong>, Yolande Moreau, 2016.<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Documentaire pour Arte sur les jungles de Calais et Grande-Synthe. Simple et plein d\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h4><strong><em>Hope <\/em><\/strong><strong>de Boris Lojkine, fiction, 2015<\/strong>.<\/h4>\n\n\n\n<p>L\u00e9onard (Camerounais) prend Hope (Nig\u00e9riane) sous sa \u00ab protection \u00bb. Dans ce long chemin vers la \u00ab terre promise \u00bb, les femmes sont les&nbsp; plus expos\u00e9es. Une r\u00e9alit\u00e9 tr\u00e8s dure dont l\u2019amour n\u2019est pas absent, jou\u00e9e par des acteurs non professionnels dans leur propre r\u00f4le ; \u00e0 r\u00e9server aux plus \u00e2g\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h4><strong><em>Damien veut changer le monde<\/em><\/strong><strong>, Xavier de Choudens, 2019<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Surveillant dans une \u00e9cole, Damien d\u00e9cide de reconnaitre Bazhad afin que l\u2019enfant et sa m\u00e8re ne soient expuls\u00e9s. D\u00e8s lors, il est confront\u00e9 \u00e0 une avalanche de demandes de reconnaissance en paternit\u00e9 d\u2019enfants sans papiers ! Le d\u00e9lit de solidarit\u00e9 trait\u00e9 sur le mode de la com\u00e9die.<\/p>\n\n\n\n<h2 id=\"reedit\">Parutions au format poche de titres d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9s (ou pas, d\u2019ailleurs\u2026), r\u00e9\u00e9ditions (nouvelles couvertures, illustrations, maquettes, etc.)<\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"has-text-align-center\"><em><strong>Gallimard Jeunesse<\/strong><\/em><\/h4>\n\n\n\n<h3><strong><em>Les Petites Reines<\/em><\/strong><strong>, Cl\u00e9mentine Beauvais<\/strong>, coll. <strong>P\u00f4le Fiction, 2019.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"231\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/21_Les-petites-reines-150x231.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6309\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Mireille, Hakima et Astrid sont \u00e9lues \u00ab Boudins \u00bb au coll\u00e8ge de Bourg-en-Bresse. Si Mireille, habitu\u00e9e du prix s\u2019en moque, ses copines, elles, le vivent mal. Elle leur propose donc d\u2019aller jusque Paris \u00e0 bicyclette en vendant du\u2026 boudin ! Commence alors une odyss\u00e9e cocasse, pleine de rebondissements, car les m\u00e9dias s\u2019en m\u00ealent. Les filles, accompagn\u00e9es du grand fr\u00e8re de Hakima, en chaise roulante, font le buzz. Un roman humoristique et f\u00e9ministe qui m\u2019a bien fait rire lors de sa sortie (Sarbacane, 2015). Il vient \u00e9galement d\u2019\u00eatre publi\u00e9 chez J\u2019ai lu (2019).<\/p>\n\n\n\n<p>Sinon, je signale chez cet \u00e9diteur la parution de nombreux ouvrages en lien avec le film d\u2019animation <em>La Fameuse Invasion des ours en Sicile<\/em>, Lorenzo Mattotti, 2019.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"has-text-align-center\"><em>PKJ<\/em><\/h4>\n\n\n\n<h3><strong><em>\u00c0 la place du c\u0153ur<\/em>, Arnaud Cathrine, 2020. (Lafont 2016)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-container-6 wp-block-columns\">\n<div class=\"wp-container-4 wp-block-column\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<p> Pr\u00e9sent\u00e9 dans le <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=3559\" target=\"_blank\">num\u00e9ro 66<\/a> (2017) de <em>Recherches<\/em> (<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/181-195_R66_Vlieghe.pdf\" target=\"_blank\">r\u00e9seau Terrorisme<\/a>). <\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-container-5 wp-block-column\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"351\" height=\"576\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/22_\u00e0-la-place-du-coeur.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6310\" srcset=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/22_\u00e0-la-place-du-coeur.jpg 351w, https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/22_\u00e0-la-place-du-coeur-282x462.jpg 282w\" sizes=\"(max-width: 351px) 100vw, 351px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3><strong><em>#Bleue<\/em><\/strong><strong>, Florence Hinckel, 2020. (Syros 2015)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft\"><img loading=\"lazy\" width=\"150\" height=\"231\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/23_Bleue-150x231.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6311\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Qui n\u2019a r\u00eav\u00e9 d\u2019un monde o\u00f9 la douleur physique ou morale n\u2019existerait plus ? Nous y sommes gr\u00e2ce \u00e0 la Cellule d\u2019\u00c9radication de la Douleur \u00c9motionnelle (CEDE), ce qui conduit Silas \u00e0 y recourir lorsque sa petite amie Astrid meurt renvers\u00e9e par un camion : un point bleu figure \u00e0 pr\u00e9sent sur son poignet, sachant que certains adultes en poss\u00e8dent plusieurs. Cette soci\u00e9t\u00e9, o\u00f9 il est mal vu de ne pas \u00eatre connect\u00e9 en permanence, a \u00e9rig\u00e9 le bonheur en valeur absolue. On pense au <em>Passeur<\/em> de Lo\u00efs Lowry. Mais la r\u00e9sistance s\u2019organise\u2026  Ouvrage destin\u00e9 aux coll\u00e9giens, qui pourrait int\u00e9grer un r\u00e9seau Dystopies\/contrutopies, au c\u00f4t\u00e9 de ceux pr\u00e9sent\u00e9s dans le num\u00e9ro 38 (2003) de <em>Recherches <\/em>(<a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"r\u00e9seau Totalitarisme (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/213_chronique_R38.pdf\" target=\"_blank\">r\u00e9seau Totalitarisme<\/a>). <\/p>\n\n\n\n<h3><strong><em>Marquer les ombres<\/em><\/strong><strong>, tomes 1 et 2, V\u00e9ronica Roth, traduit de l\u2019am\u00e9ricain par Anne Delcourt,<\/strong> coll. <strong>Best Seller,<\/strong> <strong>2020. (Nathan 2017 et 2018).<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-medium is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/marquer-les-ombres2-300x238.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6363\" width=\"278\" height=\"220\" srcset=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/marquer-les-ombres2-300x238.jpg 300w, https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/marquer-les-ombres2.jpg 704w\" sizes=\"(max-width: 278px) 100vw, 278px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Au sein d\u2019une f\u00e9d\u00e9ration de neuf plan\u00e8tes, deux personnages que tout oppose, Akos le pacifique et Cyra s\u0153ur d\u2019un tyran, vont devoir choisir de &nbsp;se combattre ou de &nbsp;s\u2019unir pour survivre. Par l\u2019auteure de la s\u00e9rie <em>Divergente <\/em>(cf.  coups de c\u0153ur  <a href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=3499\">printemps-\u00e9t\u00e9 2017<\/a>).<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"has-text-align-center\"><em><strong>&nbsp;Flammarion<\/strong><\/em><\/h4>\n\n\n\n<h3><strong><em>Dix fa\u00e7ons d\u2019assassiner notre plan\u00e8te<\/em>, collectif, 2019.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-container-9 wp-block-columns\">\n<div class=\"wp-container-7 wp-block-column\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"340\" height=\"340\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/26_10-facons-d-aainer-notre-planete.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6314\" srcset=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/26_10-facons-d-aainer-notre-planete.jpg 340w, https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/26_10-facons-d-aainer-notre-planete-300x300.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 340px) 100vw, 340px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-container-8 wp-block-column\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<p> Pr\u00e9alablement publi\u00e9 dans la collection \u00ab&nbsp;Tribal&nbsp;\u00bb en 2007, ce titre se  passe de commentaire&nbsp;: dix nouvelles mariant \u00e9cologie et  science-fiction, concoct\u00e9es par des sp\u00e9cialistes du genre, pr\u00e9sent\u00e9es  par Alain Grousset. <\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h4 class=\"has-text-align-center\"><em>Milan<\/em><\/h4>\n\n\n\n<div class=\"wp-container-10 wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container\">\n<h3><strong><em>Cette fille, c\u2019\u00e9tait mon fr\u00e8re<\/em>, Julie Anne Peters, coll. Macadam, 2016.<\/strong><\/h3>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-container-13 wp-block-columns\">\n<div class=\"wp-container-11 wp-block-column\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<p> R\u00e9\u00e9dition de l\u2019ouvrage pr\u00e9curseur intitul\u00e9 <em>La Face cach\u00e9e de Luna<\/em>, paru chez le m\u00eame \u00e9diteur, dans la m\u00eame collection en 2005 et&nbsp; <a rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"pr\u00e9sent\u00e9 dans le num\u00e9ro 56 (2012) (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\" href=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/183-196-Vlieghe.pdf\" target=\"_blank\">pr\u00e9sent\u00e9 dans le num\u00e9ro 56 (2012)<\/a> de <em>Recherches<\/em>. Signe des temps (cf. les ouvrages pr\u00e9sent\u00e9s plus haut), le changement de titre marque la volont\u00e9 d\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;annoncer la couleur&nbsp;\u00bb&nbsp;! <\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-container-12 wp-block-column\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"338\" height=\"500\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/27_cette-fille-c\u00e9tait-mon-fr\u00e8re.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6315\" srcset=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/27_cette-fille-c\u00e9tait-mon-fr\u00e8re.jpg 338w, https:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/27_cette-fille-c\u00e9tait-mon-fr\u00e8re-300x444.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 338px) 100vw, 338px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au sommaire : Coups de c\u0153ur documentaires Coups de c\u0153ur actualit\u00e9s Nouveaut\u00e9s en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9dition et de collections Des nouvelles des r\u00e9seaux d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent\u00e9s (Guerre 14-18, Anorexie, Exils et migrations) Parutions au format poche et r\u00e9\u00e9ditions Coups de c\u0153ur documentaires Je suis QUI&nbsp;? Je suis QUOI&nbsp;?, Jean-Michel Billioud, Sophie Nanteuil, Terkel Risberg, Zelda Zonk, Casterman, &hellip; <a href=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=6303\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Les coups de c\u0153ur d\u2019\u00c9lizabeth Vlieghe \u2013 Hiver 2019-2020<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[940],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6303"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6303"}],"version-history":[{"count":74,"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6303\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6481,"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6303\/revisions\/6481"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6303"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6303"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6303"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}