{"id":1814,"date":"2015-12-19T09:19:25","date_gmt":"2015-12-19T08:19:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=1814"},"modified":"2022-05-30T11:41:53","modified_gmt":"2022-05-30T09:41:53","slug":"les-coups-de-coeur-de-lhiver-2015","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=1814","title":{"rendered":"Les coups de c\u0153ur d\u2019\u00c9lizabeth Vlieghe \u2013 Automne-hiver 2015"},"content":{"rendered":"<h1><strong>\u00ab\u00a0Coups de c\u0153ur\u00a0\u00bb DOCUMENTAIRES<\/strong><\/h1>\n<h3><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6883 size-thumbnail alignleft\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Fran-oais-dailleurs-Adama-ou-la-vie-en-3D-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/><em>Adama ou la vie en 3 D, Du Mali \u00e0 Saint-Denis <\/em>de Valentine Goby, illustrations d\u2019O. Tallec. Fran\u00e7ais d\u2019ailleurs, Casterman, 2015. (Format poche).<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00eame si cette fiction-documentaire situ\u00e9e en 1988, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e il y a quelques ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0, elle n\u2019en reste pas moins d\u2019une actualit\u00e9 brulante. Adama commence \u00e0 s\u2019interroger sur sa culture d\u2019origine lorsque qu\u2019un musicien malien ami, Ibrahima, est arr\u00eat\u00e9 par la police pour \u00eatre expuls\u00e9. N\u00e9 en France, vivant dans la cit\u00e9 Louise Michel \u00e0 Saint-Denis, ce coll\u00e9gien passionn\u00e9 de musique se demande alors pourquoi tant de Maliens quittent leur pays pour venir s\u2019entasser en banlieue parisienne. Tr\u00e8s impliqu\u00e9 dans les actions associatives, y compris \u00e0 Kayes, sa ville d\u2019origine, son p\u00e8re lui propose de l\u2019accompagner pour l\u2019inauguration d\u2019une \u00e9cole qu\u2019il a contribu\u00e9 \u00e0 financer. Ce sera l\u2019occasion pour Adama de d\u00e9couvrir ses racines, de mieux se connaitre et de comprendre les motivations des candidats \u00e0 l\u2019immigration. Dossier, r\u00e9actualis\u00e9, en fin d\u2019ouvrage.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em><img loading=\"lazy\" class=\"alignright wp-image-6886 size-thumbnail\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Petites-histoires-des-mots-venus-du-grec-1024x1459-1-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Petites histoires de mots venus du grec<\/em> de Brigitte Heller, Flammarion jeunesse, 2015.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour tout savoir sur l\u2019origine de mots connus (ou moins\u2026) derri\u00e8re lesquels se cachent des aventures fabuleuses ou des personnages mythiques. De \u00ab\u00a0Atlas\u00a0\u00bb \u00e0 \u00ab\u00a0Zodiaque\u00a0\u00bb, sous forme d\u2019ab\u00e9c\u00e9daire, un ouvrage tr\u00e8s p\u00e9dagogique, \u00e0 petit prix.<\/p>\n<h3><strong><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6890 size-thumbnail alignleft\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Vivre-ensemble-depuis-site-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/><\/strong><em>Vivre ensemble\u00a0: 25 questions autour de la citoyennet\u00e9<\/em> de Nicolas Rousseau, Premiers Castor Doc, Flammarion, 2015.<\/h3>\n<p>C\u2019est quoi une r\u00e9publique\u00a0? Un enfant a-t-il des droits\u00a0? C\u2019est quoi la la\u00efcit\u00e9\u00a0? Pourquoi s\u2019attaque-t-on aux religions\u00a0? Hommes et femmes sont-ils \u00e9gaux\u00a0? Voil\u00e0 quelques exemples parmi les vingt-cinq questions, organis\u00e9es en cinq chapitres, reprenant celles que les enfants posent souvent, sans qu\u2019il soit parfois tr\u00e8s facile de leur r\u00e9pondre clairement et simplement. Chaque notion fait l\u2019objet d\u2019une double page, certes succincte, puisqu\u2019on s\u2019adresse \u00e0 des enfants du primaire, mais visant l\u2019essentiel et incitant au d\u00e9bat.<\/p>\n<h1><strong>\u00ab\u00a0Coups de c\u0153ur\u00a0\u00bb ACTUALIT\u00c9<\/strong><\/h1>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" class=\"alignright wp-image-6887 \" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Soeurs-Ramdam.jpg\" alt=\"\" width=\"252\" height=\"194\" \/><em>Les s\u0153urs Ramdam<\/em> de Fran\u00e7oise de Guibert, illustrations de R. Badel, album, Thierry Magnier, 2015.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ne charme pas les oreilles du public de Quietcity qui veut\u00a0! Thelma et Louise, les s\u0153urs Ramdam l\u2019apprennent \u00e0 leurs d\u00e9pens\u00a0: personne ne supporte les notes \u00e9mises par le violon et la flute des demoiselles, pas plus leurs parents qui les chassent de la cabane en rondins ou l\u2019institutrice qui pr\u00e9f\u00e8re passer d\u2019urgence aux math\u00e9matiques, que les nouveaux colons qu\u2019elles font fuir et leur \u00ab\u00a0ramdam\u00a0\u00bb indispose m\u00eame les pr\u00e9dateurs du coin, humains ou animaux\u2026 Mais le fac\u00e9tieux Oumpapoose pense se mettre en valeur en les capturant. C\u2019est oublier le \u00ab\u00a0talent musical\u00a0\u00bb des deux visages p\u00e2les que leurs ravisseurs auront bien de la peine \u00e0 supporter\u00a0! Troisi\u00e8me opus (apr\u00e8s <strong><em>Billy le m\u00f4me<\/em><\/strong> en 2011 et <strong><em>Oumpapoose cherche la bagarre <\/em><\/strong>en 2013) d\u2019une s\u00e9rie humoristique autour du Far-West destin\u00e9e aux plus jeunes, \u00e0 laquelle les dessins couleur s\u00e9pia conf\u00e8rent charme et dr\u00f4lerie.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6884 size-thumbnail alignleft\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/La-tete-ne-sert-pas-qua-tenir-les-cheveux-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>La t\u00eate ne sert pas qu\u2019\u00e0 retenir les cheveux <\/em>de Sabine Panet et Pauline Penot, Thierry Magnier, 2015.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux auteures ont renouvel\u00e9 leur complicit\u00e9 cr\u00e9atrice pour donner une suite aux aventures de la famille Bocoum (cf. <em>Le c\u0153ur n\u2019est pas un genou que l\u2019on peut plier<\/em>, 2012, pr\u00e9sent\u00e9 dans le num\u00e9ro 59 de <em>Recherches<\/em>, p. 186). Ce deuxi\u00e8me tome d\u00e9bute au S\u00e9n\u00e9gal o\u00f9 toute la famille (sauf Awa dont je rappelle qu\u2019elle a \u00e9chapp\u00e9 de peu \u00e0 un mariage forc\u00e9) s\u2019est rendue pour les vacances, occasion pour tous de se confronter aux traditions. Sur les conseils de Flore, la m\u00e8re d\u2019Agathe, Awa se rend au planning familial en raison de douleurs r\u00e9currentes. Elle d\u00e9couvre avec stupeur et col\u00e8re qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 excis\u00e9e. Persuad\u00e9e que pour Ernestine, il est d\u00e9j\u00e0 trop tard, elle met tout en \u0153uvre pour \u00e9viter cette mutilation \u00e0 sa petite s\u0153ur Amayel, avec l\u2019aide de la gyn\u00e9cologue Esther Fellmann et de son coll\u00e8gue de la PMI Fran\u00e7ois Cabano. Elle se confie de nouveau \u00e0 sa tante Dado, laquelle file le parfait amour avec Marcel M\u00e9rindol, sans imaginer \u00e0 quel point les parents de son amoureux sont racistes. De son c\u00f4t\u00e9, Ernestine, toujours habit\u00e9e par sa vocation d\u2019actrice, court les castings mais se heurte aux pr\u00e9jug\u00e9s des cin\u00e9astes quant aux r\u00f4les qui lui conviendraient. Enfin, Aminata s\u2019\u00e9panouit dans une activit\u00e9 de confection de repas exotiques qui pourrait bien se d\u00e9velopper. Mais tout se pr\u00e9cipite lorsque la grand-m\u00e8re Nawd\u00e9 d\u00e9barque en France pour une op\u00e9ration.<br \/>\nM\u00eame si les romanci\u00e8res distillent de nouveau optimisme et humour, le sujet ne peut se traiter avec la m\u00eame l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 que le pr\u00e9c\u00e9dent, d\u2019o\u00f9, je pense, un m\u00e9lange de ton par rapport au premier tome\u00a0; confront\u00e9e \u00e0 une d\u00e9couverte qui la bouleverse, Awa se r\u00e9volte et, n\u2019osant aborder de front le sujet avec sa m\u00e8re, s\u2019en prend \u00e0 Dado. \u00c9paul\u00e9e par des adultes ext\u00e9rieurs \u00e0 la famille, elle est pr\u00eate \u00e0 collaborer avec la police pour d\u00e9manteler le r\u00e9seau des \u00ab\u00a0exciseuses maliennes\u00a0\u00bb. Elle va n\u00e9anmoins s\u2019apercevoir que les choses sont plus compliqu\u00e9es qu\u2019elle ne l\u2019imaginait\u00a0; ayant subi le poids des traditions, Nawd\u00e9, Aminata et Dado ont accompli une r\u00e9volution silencieuse\u00a0: Awa ne doit cette mutilation qu\u2019\u00e0 son statut d\u2019ain\u00e9e. C\u2019est ce que lui expliquera sa m\u00e8re dans une tr\u00e8s belle sc\u00e8ne qui restitue son histoire \u00e0 sa fille. Le grand m\u00e9rite de ce livre est d\u2019aborder sans fard un probl\u00e8me difficile et douloureux li\u00e9 \u00e0 la culture et aux traditions d\u2019un peuple, qu\u2019il serait ridicule de juger et condamner sans essayer au moins d\u2019en comprendre les fondements, m\u00eame s\u2019il n\u2019est pas question d\u2019approuver ni de laisser faire. On notera d\u2019ailleurs que si la culture africaine recontextualis\u00e9e est au centre de l\u2019intrigue, la religion et la culture juives sont \u00e9galement pass\u00e9es au crible \u00e0 travers les personnages de Jacob qui se demande bien pourquoi il ferait sa Bar-Mitsva alors qu\u2019il n\u2019est pas croyant, du rabbin Daniel Libermann sid\u00e9r\u00e9 par la maturit\u00e9 de cet adolescent de 13 ans dont il accueille les interrogations avec bienveillance, ou le r\u00e9alisateur Ari\u00e9 Z\u00e9likine remaniant son sc\u00e9nario pour pouvoir proposer un r\u00f4le \u00e0 Ernestine. Et, clin d\u2019\u0153il final, c\u2019est \u00e0 Khalidou, singuli\u00e8rement absent de toutes les p\u00e9rip\u00e9ties qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, qu\u2019il appartiendra d\u2019annoncer cette bonne nouvelle \u00e0 la future com\u00e9dienne\u2026<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6891 size-thumbnail alignright\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/12-ans-7-mois-et-11-jours-1000x1577-1-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Douze ans, sept mois et onze jours<\/em> de Lorris Murail, Pocket Jeunesse, PKJ, 2015.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vous voulez endurcir votre empot\u00e9 de fils, nul au baseball\u00a0? Faites comme Jack Stephenson\u00a0: allez le conduire dans une for\u00eat du Maine et abandonnez-le dans une cabane, non sans lui avoir laiss\u00e9 une carabine, une batte de baseball, des allumettes, quelques conserves, deux \u00ab\u00a0manuels\u00a0\u00bb de survie et un pigeon voyageur\u2026 Puis recommandez-lui de ne pas quitter un p\u00e9rim\u00e8tre pr\u00e9cis. Walden, douze ans sept mois et trois jours, d\u00e9j\u00e0 abandonn\u00e9 par sa m\u00e8re partie au P\u00e9rou, croit tout d\u2019abord que son p\u00e8re lui fait une mauvaise blague, qu\u2019il est rest\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 pour l\u2019observer mais doit se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence\u00a0: il est seul et va devoir se d\u00e9brouiller\u00a0! Certes na\u00eff et peu sportif, le jeune gar\u00e7on est cependant intelligent, logique, et malgr\u00e9 une grande incompr\u00e9hension face \u00e0 l\u2019attitude de son p\u00e8re, il cherche \u00e0 se montrer digne de son amour et organise sa survie\u00a0; contre toute attente, l\u2019adolescent n\u2019est pas aussi seul qu\u2019il pourrait le croire. Toute la premi\u00e8re partie du roman est focalis\u00e9e sur le jeune robinson, soutenu par la lecture et l\u2019utilisation des deux romans de Thoreau laiss\u00e9s par son p\u00e8re. Le lecteur pense ainsi qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un roman initiatique\u00a0: un p\u00e8re peu sympathique uniquement passionn\u00e9 de sport et de voitures (il poss\u00e8de une Chevrolet Impala SS 1995 rouge cerise \u00e0 laquelle il tient \u00e9norm\u00e9ment) tente de faire de son fils un homme. Mais ce que le prologue laissait deviner se confirme durant la deuxi\u00e8me partie centr\u00e9e sur Jack qui, d\u00e9tenant un lourd secret, n\u2019a pas forc\u00e9ment fait preuve de clairvoyance par rapport \u00e0 son fils. Le rythme s\u2019acc\u00e9l\u00e8re et le suspense change de dimension. Des clins d\u2019\u0153il en direction de Stephen King, un final digne d\u2019un film d\u2019action, une r\u00e9flexion sur les rapports interg\u00e9n\u00e9rationnels et les rapports humains, des passages sombres et violents, m\u00eame si l\u2019auteur termine sur une note humoristique, font de ce r\u00e9cit un livre surprenant.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6892 size-thumbnail alignleft\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/afterworlds-981x1577-1-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Afterworlds <\/em>de Scott Westerfeld, traduit de l\u2019anglais (\u00c9tats-Unis) par G. Fournier, Pocket Jeunesse PKJ, 2015.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019auteur, d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 \u00e0 propos des r\u00e9seaux \u00ab\u00a0Dictature de la beaut\u00e9\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Filles d\u00e9guis\u00e9es en gar\u00e7ons\u00a0\u00bb, livre cette fois-ci un ouvrage original du style \u00ab\u00a0deux en un\u00a0\u00bb. En effet, gr\u00e2ce \u00e0 une subtile mise en abyme, le romancier alterne deux r\u00e9cits, tous deux fictifs bien s\u00fbr, mais dont l\u2019un est cens\u00e9 \u00eatre la r\u00e9\u00e9criture du roman qu\u2019une jeune lyc\u00e9enne de 17 ans va bient\u00f4t publier. Chaque chapitre alterne donc le \u00ab\u00a0conte de f\u00e9e\u00a0\u00bb v\u00e9cu par Darcy Patel, d\u2019origine indienne, qui arrive \u00e9blouie \u00e0 New York, et le cauchemar de l\u2019h\u00e9ro\u00efne de son livre, Lizzie, seule survivante d\u2019une tuerie qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Dallas. Gr\u00e2ce \u00e0 un basculement dans \u00ab\u00a0l\u2019envers du d\u00e9cor\u00a0\u00bb, sorte d\u2019exp\u00e9rience de mort imminente, elle \u00e9chappe \u00e0 la tuerie et rencontre Yamaraj, un jeune homme vieux de plusieurs milliers d\u2019ann\u00e9es\u00a0: comme elle en a fait elle aussi l\u2019exp\u00e9rience, il est pass\u00e9 volontairement du c\u00f4t\u00e9 des morts afin de les prot\u00e9ger\u00a0car ces fant\u00f4mes \u00ab survivent\u00a0\u00bb gr\u00e2ce aux souvenirs des vivants. Nous suivons donc deux histoires en parall\u00e8le, sachant qu\u2019elles ont des liens dans la mesure o\u00f9 Darcy s\u2019interroge constamment sur ce qu\u2019est l\u2019\u00e9criture, le talent, et connait les affres de la page blanche\u00a0: elle a r\u00e9dig\u00e9 son roman en \u00e0 peine un mois et son \u00e9ditrice lui offre un pont d\u2019or pour sa publication ainsi que celle d\u2019une suite, mais lui demande des remaniements notamment concernant la fin. Outre l\u2019\u00e9volution psychologique de Darcy qui quitte sa famille et tombe amoureuse d\u2019une autre \u00e9crivaine, Imogen Grey, c\u2019est l\u2019univers du petit monde newyorkais de l\u2019\u00e9dition qui retiendra l\u2019attention\u00a0: nul doute que l\u2019auteur, qui le connait bien, n\u2019y ait mis une certaine ironie, reste \u00e0 savoir si elle sera per\u00e7ue par tous les lecteurs. Il s\u2019agit donc d\u2019une r\u00e9flexion int\u00e9ressante sur l\u2019inspiration et la mani\u00e8re dont les \u00e9crivains recomposent la r\u00e9alit\u00e9, s\u2019inspirent d\u2019elle, de leur v\u00e9cu pour \u00e9crire\u00a0: entre Darcy puisant dans la culture religieuse hindoue ou dans ce qu\u2019elle croit \u00eatre le pass\u00e9 de sa m\u00e8re, piquant des id\u00e9es de sc\u00e8ne \u00e0 sa copine ou recyclant ses lectures (on \u00e9crit toujours sur du d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit) et Imogen prenant des notes sur tout ce qu\u2019elle voit, entend, collectionnant des tas d\u2019objets ou de noms qui pourraient servir, mettant en sc\u00e8ne des \u00e9l\u00e9ments de son pass\u00e9 ou se faisant enfermer dans un coffre de voiture pour mieux \u00e9crire la premi\u00e8re sc\u00e8ne de son roman, l\u2019auteur, mine de rien, livre quelques secrets au lecteur\u00a0: celui-ci en verra l\u2019application directe ou recompos\u00e9e dans la prose de Darcy, voire celle d\u2019Imogen dont il nous livre \u00e9galement le d\u00e9but de la trilogie. De nombreux personnages secondaires, famille et amis de Darcy mais \u00e9galement \u00e9diteurs, critiques, \u00e9crivains confirm\u00e9s ou d\u00e9butants donnent de l\u2019\u00e9paisseur au r\u00e9cit matriciel\u00a0; du c\u00f4t\u00e9 du roman de l\u2019h\u00e9ro\u00efne qui se r\u00e9\u00e9crit sous nos yeux, on retiendra l\u2019aspect fantastique li\u00e9 au statut particulier de Lizzie et de Yama, leur attirance mutuelle, la pr\u00e9sence des fant\u00f4mes, le passage d\u2019un monde \u00e0 un autre, la d\u00e9termination de l\u2019h\u00e9ro\u00efne \u00e0 supprimer un tueur en s\u00e9rie, ses relations avec ses parents, divorc\u00e9s, bref les ingr\u00e9dients habituels de la \u00ab\u00a0young litt\u00e9rature\u00a0\u00bb. L\u2019auteur se paie m\u00eame le luxe de faire critiquer par Lizzie (personnage de Darcy auteure) le terme de \u00ab\u00a0psychopompe\u00a0\u00bb qui d\u00e9signe son pouvoir, le trouvant laid alors que l\u2019auteure en est tr\u00e8s satisfaite\u00a0; elle en trouvera d\u2019ailleurs un autre \u00ab\u00a0brillants\u00a0\u00bb propos\u00e9 par un autre personnage, jug\u00e9 bien meilleur\u00a0! On se saurait mieux illustrer, je pense, le processus de mise en abyme.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em><img loading=\"lazy\" class=\"alignright wp-image-6880 size-thumbnail\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/COUV_Scandale2-1024x1496-1-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>#scandale<\/em> de Sarah Ockler. Traduit de l\u2019anglais (\u00c9tats-Unis) par A. Guitton. Nathan. 2015.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">La narratrice, ado atypique de 17 ans qui pr\u00e9f\u00e8re d\u00e9gommer les zombies plut\u00f4t que de se pomponner, accepte d\u2019accompagner le petit copain de sa meilleure amie au bal du lyc\u00e9e. Secr\u00e8tement amoureuse de Cole depuis quatre ans, Lucy l\u2019embrasse et dort dans le m\u00eame lit que lui. Mais ces sc\u00e8nes, ainsi que d\u2019autres qui compromettent tous leurs amis, sont photographi\u00e9es \u00e0 leur insu avec le t\u00e9l\u00e9phone, vol\u00e9, de la jeune fille, puis publi\u00e9es sur son compte Facebook. Commence alors pour celle-ci un long calvaire\u00a0: tout le lyc\u00e9e la d\u00e9teste, Ellie ne lui parle plus, et une page \u00ab\u00a0Bad Lucy\u00a0\u00bb est cr\u00e9\u00e9e. M\u00eame si elle se reproche d\u2019avoir mal agi en \u00e9coutant ses sentiments, Lucy se sait innocente des m\u00e9faits dont on l\u2019accuse et ne sait comment prouver sa bonne foi. Aid\u00e9e de quelques \u00e9l\u00e8ves, elle m\u00e8ne l\u2019enqu\u00eate pour d\u00e9couvrir la v\u00e9rit\u00e9.<br \/>\nM\u00eame si le style ne m\u2019a pas enthousiasm\u00e9e, ce r\u00e9cit me semble int\u00e9ressant par le sujet qu\u2019il aborde, \u00e0 savoir l\u2019impact des r\u00e9seaux sociaux sur les adolescents et les d\u00e9rives in\u00e9vitables. Trait\u00e9 sur le mode de l\u2019humour et de la com\u00e9die, l\u2019intrigue n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 la caricature parfois\u00a0: la grande s\u0153ur star, la principale Madame Zeff qui surfe sur sa page Facebook devant Lucy, l\u2019attitude du groupe \u00ab\u00a0anti nouvelles technologies\u00a0\u00bb baptis\u00e9 S@tan\u2026 En revanche, les interventions de Lady Blabla m\u2019ont beaucoup plu, leur ton est plaisant, juste et, quand on sait qui se cache derri\u00e8re le personnage, l\u2019histoire prend tout son sens. Mais l\u2019auteure n\u2019exploite pas tous les aspects de son intrigue et m\u2019a donn\u00e9 l\u2019impression d\u2019h\u00e9siter entre plusieurs tons, d\u2019o\u00f9 mon malaise sans doute.<\/p>\n<h1><strong>Nouveaut\u00e9s en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9dition et de collections<\/strong><\/h1>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Folio Junior en VO<\/strong><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Gallimard<\/strong> <strong>Jeunesse <\/strong>lance les \u00ab\u00a0Folio Junior en VO\u00a0\u00bb qui proposent des textes courts et accessibles, en version originale, \u00e0 destination des coll\u00e9giens et lyc\u00e9ens. Des notes au fil du texte traduisent les mots difficiles\u00a0; l\u2019auteur ainsi que th\u00e8me abord\u00e9 sont pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 la fin de l\u2019ouvrage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Citons par exemple\u00a0:<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6881 size-thumbnail alignleft\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Dahl-site-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Lamb to the slaughter and other stories<\/em> de Roal Dahl, Folio Junior Version Originale, 2015.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce recueil comprend quatre nouvelles, dont deux au moins ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 largement exploit\u00e9es par les p\u00e9dagogues\u00a0: <em>Coup de gigot<\/em> qui lui donne son titre, d\u00e9j\u00e0 traduite chez Folio Junior, est publi\u00e9e chez Folio (<em>Bizarre\u00a0! Bizarre\u00a0!<\/em> 1962). Les trois autres, <em>The way up to heaven<\/em>, <em>William and Mary<\/em> ainsi que <em>The Landlady<\/em> (vous savez, cette adorable logeuse\u2026) se trouvent dans un autre recueil de chez Folio Gallimard, ayant pour titre <em>Kiss Kiss<\/em> (1962).<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em><img loading=\"lazy\" class=\"alignright wp-image-6889 size-thumbnail\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/the-mozart-question-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>The Mozart question<\/em> de Michael Morpurgo, illustr\u00e9 par M. Foreman, Folio Junior Version Originale, 2015.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Plus jamais Mozart<\/em><\/strong><em>,<\/em> d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 sous forme d\u2019album junior, narre l\u2019histoire du violoniste Paolo L\u00e9vi avec lequel Lesley, journaliste d\u00e9butant, s\u2019entretient \u00e0 Venise. Le musicien, hant\u00e9 par son pass\u00e9, finira par s\u2019en lib\u00e9rer en livrant l\u2019histoire douloureuse v\u00e9cue par ses parents dans les camps d\u2019extermination.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>Des parutions au format poche de titres d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9s (ou pas, d\u2019ailleurs\u2026) ainsi que des r\u00e9\u00e9ditions comportant des modifications<\/strong><\/h3>\n<p><strong><em>L\u2019histoire de Malala <\/em><\/strong>(cf. n\u00b0\u00a061)\u00a0; <strong><em>Vango<\/em>, <\/strong>Timoth\u00e9e de Fombelle, Folio Junior, Gallimard, 2015.<\/p>\n<p><strong><em>Ici et maintenant<\/em><\/strong>, A. Brashar\u00e8s\u00a0; <strong><em>Le ch\u00e2teau de<\/em><\/strong><em> Cassandra<\/em>, Dodie Smith (cf. n\u00b0\u00a046)\u00a0; <strong><em>Animale\u00a0: La mal\u00e9diction de Boucle d\u2019or<\/em><\/strong>, Victor Dixen\u00a0;<strong> <em>C\u0153urs bris\u00e9s, t\u00eates coup\u00e9es<\/em><\/strong>, R. Schneider, P\u00f4le Fiction, Gallimard, 2015.<\/p>\n<p><strong><em>Le journal d\u2019une d\u00e9esse<\/em><\/strong>, T. Buongiorno, Flammarion Jeunesse, 2015. Accompagn\u00e9 d\u2019un cahier sp\u00e9cial (jeux et exercices + corrig\u00e9s) pour aller plus loin.<\/p>\n<h1><strong>Des nouvelles des r\u00e9seaux d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent\u00e9s<\/strong><\/h1>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong>Fille d\u00e9guis\u00e9e en gar\u00e7on<\/strong><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6882 size-thumbnail alignleft\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/deux-soeurs-un-destin-tome-2-le-guet-apens-de-maya-snow-1030767598_ML-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Deux s\u0153urs un destin : La Trahison<\/em> et <em>Le Guet-apens<\/em> de Maya Snow, traduit de l\u2019anglais par Alice Marchand, Flammarion Jeunesse, 2014.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9\u00e9dition au format poche, chez le m\u00eame \u00e9diteur, d\u2019une t\u00e9tralogie intitul\u00e9e <strong><em>Les Filles du Samoura\u00ef<\/em><\/strong> (2009). Pour \u00e9chapper \u00e0 leur oncle Hidehira qui vient d\u2019assassiner leur p\u00e8re et leurs deux fr\u00e8res, Kimi et Hana, filles du Jito Yoshijiro (gouverneur de province) se d\u00e9guisent en gar\u00e7ons et se cachent dans le dojo dirig\u00e9 par le c\u00e9l\u00e8bre Maitre Goku o\u00f9 sont form\u00e9s les futurs samoura\u00efs. Bien r\u00e9solues \u00e0 venger l\u2019honneur de leur famille, elles y perfectionnent l\u2019art du combat tout en cherchant \u00e0 retrouver leur m\u00e8re et leur petit fr\u00e8re, Moriyasu, qui ont disparu lors du massacre de la maisonn\u00e9e Yamamoto. Oblig\u00e9es de se d\u00e9guiser et d\u2019oublier leur condition privil\u00e9gi\u00e9e, les deux jeunes filles, aid\u00e9es de leur ami Tatsuya, devront faire preuve de beaucoup de courage et d\u2019astuce, au cours de nombreuses p\u00e9r\u00e9grinations et de maints combats, avant d\u2019esp\u00e9rer ranger leur \u00e9p\u00e9e\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Racont\u00e9es au pr\u00e9sent et \u00e0 la premi\u00e8re personne par Kimi, alias Kagenashi, les aventures tr\u00e9pidantes et bien document\u00e9es des deux s\u0153urs, se d\u00e9roulant dans le Japon f\u00e9odal du 13<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, raviront les amateurs de combats martiaux et de culture nipponne. Deux jeunes filles de bonne famille, \u00e9duqu\u00e9es dans la tradition et destin\u00e9es \u00e0 servir le th\u00e9 mais qu\u2019un p\u00e8re avis\u00e9 avait n\u00e9anmoins initi\u00e9es au combat, r\u00e9alisent ainsi, dans l\u2019adversit\u00e9, contraintes et forc\u00e9es, un r\u00eave qu\u2019elles pensaient inaccessible vu leur sexe.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong>Chine<\/strong><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em><img loading=\"lazy\" class=\"alignright wp-image-6879 size-thumbnail\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/COUV_ContesLegendes_Chine-768x1031-1-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Contes et l\u00e9gendes de Chine<\/em> de Janine Hiu, illustrations de Boll, Nathan, 2015.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">On ne pr\u00e9sente plus cette collection (dont les couvertures sont illustr\u00e9es par Fran\u00e7ois Roca depuis plusieurs ann\u00e9es) qui, comme son intitul\u00e9 l\u2019indique, fait la part belle aux r\u00e9cits issus de maintes cultures, civilisations, r\u00e9gions du monde entier. Parmi les milliers d\u2019histoires li\u00e9es \u00e0 une civilisation mill\u00e9naire, l\u2019auteure en a s\u00e9lectionn\u00e9 et adapt\u00e9 14 repr\u00e9sentatives \u00e0 ses yeux de la diversit\u00e9 d\u2019une culture encore largement m\u00e9connue des occidentaux. Qu\u2019il s\u2019agisse de r\u00e9cits fondateurs (r\u00f4le du g\u00e9ant Pan Gu dans la cr\u00e9ation du monde ou de la d\u00e9esse N\u00fc Wa dans celle des hommes), de contes \u00e9tiologiques (explications de l\u2019origine de la soie ou du calendrier chinois), d\u2019histoires d\u2019amour fou et a priori impossibles entre des \u00eatres de nature diff\u00e9rente, inqui\u00e9tantes voire surnaturelles (peinture qui s\u2019anime) ou humoristiques (un crapaud tenant en respect un tigre), sans oublier celles qui mettent en sc\u00e8ne le dragon, animal fabuleux si important dans la culture chinoise, tous ces contes contribueront sans aucun doute \u00e0 donner l\u2019envie d\u2019approfondir la connaissance d\u2019un folklore riche et foisonnant.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6888 size-thumbnail alignleft\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/tangram-magique-pivoines-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/><em>Le Tangram magique\u00a0: L\u2019\u00c9nigme des pivoines<\/em>, <em>L\u2019\u00c9nigme du p\u00e9kinois<\/em>, <em>L\u2019\u00c9nigme du sceau de jade<\/em> et L\u2019\u00c9nigme du perroquet bleu, de Florence Lamy, illustrations d\u2019A. Laprun, Casterman, 2014-2015.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces quatre aventures de la jeune Li-Na se d\u00e9roulent dans la chine ancienne. La premi\u00e8re d\u00e9bute lorsque la jeune orpheline recueillie et \u00e9lev\u00e9e par Grand-m\u00e8re Dong re\u00e7oit pour ses dix ans un tangram de la part de l\u2019apothicaire M. Zhou\u00a0; elle d\u00e9couvre alors les pouvoirs magiques du carr\u00e9 d\u2019\u00e9b\u00e8ne. Gr\u00e2ce \u00e0 celui-ci et \u00e0 son ami Cheng, le vendeur de th\u00e9, elle r\u00e9ussira \u00e0 retrouver le tableau d\u00e9rob\u00e9 \u00e0 Madame Lo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9dig\u00e9e au pr\u00e9sent et mettant en sc\u00e8ne certains personnages r\u00e9currents dont l\u2019h\u00e9ro\u00efne et son ami, chaque histoire, facile \u00e0 lire, tend vers la r\u00e9solution d\u2019une \u00e9nigme, tout en mettant en valeur diff\u00e9rentes facettes de la vie chinoise de l\u2019\u00e9poque. Il s\u2019agit \u00e9galement d\u2019une qu\u00eate initiatique car, comme elle l\u2019indique \u00e0 la fin du premier opus, Li-Na esp\u00e8re que l\u2019objet magique l\u2019aidera \u00e0 retrouver ses parents. Chaque ouvrage offre un tangram magn\u00e9tique de couleur diff\u00e9rente qui permet de r\u00e9aliser les figures \u00e9voqu\u00e9es dans l\u2019intrigue, dont les solutions sont donn\u00e9es \u00e0 la fin.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong>Enfant-espion<\/strong><\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em><img loading=\"lazy\" class=\"alignright wp-image-6878 size-thumbnail\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/BODYGUARD-T2-La-rancon-768x1113-1-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>La Ran\u00e7on<\/em> (<em>Bodyguard<\/em>, tome 2) de Chris Bradford, traduit de l\u2019anglais par Chlo\u00e9 Petit. Casterman, 2015.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir prot\u00e9g\u00e9 et sauv\u00e9 la fille du pr\u00e9sident am\u00e9ricain, Connor Reeves, remis de ses blessures, a retrouv\u00e9 son unit\u00e9 secr\u00e8te, ses amis ainsi que l\u2019entrainement. M\u00eame s\u2019il est persuad\u00e9 n\u2019avoir d\u00fb ses exploits qu\u2019\u00e0 la chance, Connor est de nouveau choisi pour accomplir une autre mission, avec une partenaire cette fois-ci\u00a0: la redoutable Ling, championne d\u2019arts martiaux et teigneuse \u00e0 souhait. Les deux adolescents sont charg\u00e9s de prot\u00e9ger Emily et Chlo\u00e9, deux jumelles, filles du milliardaire australien Maddox Sterling, \u00e0 la t\u00eate d\u2019un empire m\u00e9diatique. Emily ayant d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9e, celui-ci ne veut prendre aucun risque lors de leurs vacances aux Maldives \u00e0 bord d\u2019un luxueux yacht. Commenc\u00e9e sous les meilleurs auspices, la croisi\u00e8re vire au drame lorsque des pirates attaquent le bateau, font des victimes et prennent les jeunes filles ainsi que leur future belle-m\u00e8re en otage. Ils exigent une ran\u00e7on exorbitante, que Sterling rechigne \u00e0 payer\u00a0! Mais l\u00e0 n\u2019est pas le probl\u00e8me\u00a0car derri\u00e8re les pirates se cache un myst\u00e9rieux commanditaire bien plus dangereux qu\u2019eux\u00a0; l\u2019organisation occulte Equilibrium et son ex\u00e9cuteur de basses \u0153uvres, M. Grey, ne reculent devant rien en effet pour atteindre leurs objectifs. Une fois encore, Connor, rest\u00e9 seul apr\u00e8s le renvoi de Ling, devra d\u00e9ployer force, courage et ruse pour prot\u00e9ger les jumelles, pas toujours coop\u00e9ratives, pourtant menac\u00e9es de plusieurs c\u00f4t\u00e9s \u00e0 la fois. Nombreux rebondissements et retournements de situation.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong>Grande guerre<\/strong><\/h2>\n<h3><strong><em>Le myst\u00e8re de Lucy Lost<\/em> de Michael Morpurgo, traduit de l\u2019anglais par D. M\u00e9nard, Gallimard Jeunesse, 2015.<\/strong><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-thumbnail wp-image-6885 alignleft\" src=\"http:\/\/www.revue-recherches.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/le-mystere-de-lucy-lost-1-768x1125-1-150x231.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"231\" \/>Les opinions pacifistes de l\u2019auteur sont connues et voici une nouvelle occasion pour lui de les affirmer. En mai 2015, Alfie et son p\u00e8re Jim vont p\u00eacher le maquereau pr\u00e8s de St Helen\u2019s, un ilot inhabit\u00e9 de l\u2019archipel des Scilly o\u00f9 ils vivent : ils y d\u00e9couvrent une jeune fille d\u2019une douzaine d\u2019ann\u00e9es, bless\u00e9e, \u00e0 moiti\u00e9 morte de faim et de soif. Celle qui sera baptis\u00e9e \u00ab Lucy Lost \u00bb partage d\u00e8s lors la vie de la famille Weathcraft qui prend soin d\u2019elle tout en essayant de d\u00e9couvrir qui elle est, d\u2019o\u00f9 elle vient. Amn\u00e9sique et muette, Lucy retrouve petit \u00e0 petit le gout de vivre gr\u00e2ce \u00e0 leur amour et \u00e0 l\u2019acharnement de Mary qui la consid\u00e8re comme sa fille, tandis qu\u2019Alfie et elle deviennent de plus en plus proches. Elle se laisse ainsi progressivement apprivoiser par le phonographe, le piano dont elle joue, Peg la jument qu\u2019elle chevauche puis accepte finalement de fr\u00e9quenter l\u2019\u00e9cole\u2026 Le docteur Crow et l\u2019institutrice M<sup>lle<\/sup> Nightingale veillent \u00e9galement sur elle, notamment quand elle est aux prises avec l\u2019horrible instituteur Beagley ou avec la population bient\u00f4t persuad\u00e9e, au vu de quelques indices, qu\u2019elle est allemande. En effet la guerre et son lot d\u2019atrocit\u00e9s,\u00a0telles les soldats tu\u00e9s ou mutil\u00e9s \u00e0 l\u2019instar du jeune Jack Brody, le naufrage du <em>Lusitania <\/em>et ses milliers de morts, avivent les ranc\u0153urs et la m\u00e9fiance chez des habitants pourtant r\u00e9put\u00e9s ouverts et g\u00e9n\u00e9reux\u00a0: ils l\u2019ont en effet prouv\u00e9 en 1875 en sauvant les marins allemands du \u00ab\u00a0Schiller\u00a0\u00bb et plus r\u00e9cemment les naufrag\u00e9s du <em>Lusitania<\/em> et le prouveront encore en se mobilisant pour rechercher Billy, l\u2019oncle d\u2019Alfie parti sur son bateau, m\u00eame si tous le trouvent \u00ab\u00a0bizarre\u00a0\u00bb. L\u2019auteur marie, comme souvent il aime \u00e0 le faire, les points de vue en alternant les r\u00e9cits\u00a0: encadrement de l\u2019histoire par l\u2019intervention (\u00ab\u00a0Pour commencer\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Pour finir\u00a0\u00bb) d\u2019un narrateur \u00e0 la premi\u00e8re personne cens\u00e9 \u00eatre le petit fils de \u00ab\u00a0Lucy\u00a0\u00bb (\u00e0 ne pas confondre avec l\u2019auteur\u00a0!), r\u00e9cit principal \u00e0 la troisi\u00e8me personne, entrecoup\u00e9 de celui \u00e0 la premi\u00e8re personne de la jeune am\u00e9ricaine Merry embarquant avec sa m\u00e8re sur le <em>Lustania<\/em> afin de retrouver son p\u00e8re bless\u00e9 et hospitalis\u00e9 pr\u00e8s de Londres et qui luttera avec courage pour sa survie\u00a0; d\u2019autres passages \u00e0 la premi\u00e8re personne\u00a0: extraits du journal du docteur Crow, extraits du registre scolaire de M. Beagley et enregistrement de la grand-m\u00e8re du narrateur \u00e0 New York, viennent compl\u00e9ter l\u2019intrigue qui pourrait donc ainsi figurer \u00e9galement dans un r\u00e9seau \u00ab\u00a0Narration complexe\u00a0\u00bb. L\u2019histoire de l\u2019h\u00e9ro\u00efne se pr\u00e9sente ainsi comme un puzzle que le lecteur reconstitue plus vite que les personnages, le suspense r\u00e9sidant davantage dans la tournure que vont prendre les \u00e9v\u00e9nements\u00a0: Lucy va-t-elle retrouver la m\u00e9moire, va-t-on l\u2019\u00e9pargner\u00a0? En bon magicien, l\u2019auteur va jeter des Allemands naufrag\u00e9s, sauv\u00e9s par Billy, sur les rives des Scilly dont l\u2019un, Wilhelm Kreuz, appartient \u00e0 l\u2019\u00e9quipage du U-boot qui a rep\u00each\u00e9 Merry avant de la d\u00e9poser sur St Helen\u2019s. Le choc fait retrouver la parole et la m\u00e9moire \u00e0 la jeune fille qui peut enfin remercier Wilhelm et raconter son histoire. Gr\u00e2ce aux recherches du docteur Crow, elle retrouve son p\u00e8re, qui, tout comme Alfie, survivra \u00e0 la guerre. Elle reste tout d\u2019abord \u00e0 Bryher afin d\u2019\u00e9pouser Alfie mais ils finiront par rejoindre New York.<br \/>\nIl s\u2019agit donc d\u2019un r\u00e9cit \u00e9mouvant, bas\u00e9 sur des faits historiques\u00a0; m\u00eame si la guerre n\u2019est pas au centre, c\u2019est elle qui entraine les personnages dans la tourmente et modifie leur destin. M\u00eame si elle contraint les hommes \u00e0 se battre et \u00e0 se ha\u00efr, leur compassion et leur humanit\u00e9 prend parfois le pas sur leur \u00ab\u00a0devoir\u00a0\u00bb. Comme toujours l\u2019auteur s\u2019est document\u00e9 et quelques pr\u00e9cisions sont donn\u00e9es en fin d\u2019ouvrage, notamment sur le naufrage du <em>Lusitania<\/em> et le d\u00e9vouement des habitants de Kinsale tentant de porter secours aux survivants\u00a0: les sauveteurs auraient aper\u00e7u le piano du paquebot sur lequel \u00e9tait allong\u00e9e une petite fille. Il n\u2019en fallait pas plus au romancier pour reconstituer le destin de cette fillette.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Coups de c\u0153ur\u00a0\u00bb DOCUMENTAIRES Adama ou la vie en 3 D, Du Mali \u00e0 Saint-Denis de Valentine Goby, illustrations d\u2019O. Tallec. Fran\u00e7ais d\u2019ailleurs, Casterman, 2015. (Format poche). M\u00eame si cette fiction-documentaire situ\u00e9e en 1988, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e il y a quelques ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0, elle n\u2019en reste pas moins d\u2019une actualit\u00e9 brulante. Adama commence \u00e0 s\u2019interroger &hellip; <a href=\"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/?p=1814\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Les coups de c\u0153ur d\u2019\u00c9lizabeth Vlieghe \u2013 Automne-hiver 2015<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":19,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[940],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1814"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1814"}],"version-history":[{"count":22,"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1814\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6906,"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1814\/revisions\/6906"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1814"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1814"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue-recherches.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1814"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}